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  • Type: Newsletter
  • Date: 12/05/2014

La réquisition de l’or : une tradition disparue 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
En 1720, alors que s’annonce la banqueroute à laquelle il laissera son nom, John Law fait interdire par le Régent la détention d’or et d’argent pour tenter de freiner la spéculation.

En 1789, pour renflouer les finances royales, Necker impose aux Français le versement au Trésor de 2,5% de leur argenterie et de leurs bijoux. Louis XVI fait fondre la vaisselle en argent de Versailles. Les députés font don des boucles de leurs souliers. Plus tard, la Convention interdit la circulation des métaux précieux pour défendre l’assignat.

En 1933, l’une des premières décisions de Roosevelt pour soutenir le dollar est d’exiger le dépôt des lingots et pièces d’or auprès du Trésor américain, leurs propriétaires étant indemnisés au cours du marché. En 1936, Léon Blum tente de faire appliquer le même dispositif en France pour protéger le franc. La mesure, impopulaire, est rapportée l’année suivante sans avoir été vraiment mise en œuvre.

A la Libération, le gouvernement provisoire impose une déclaration aux détenteurs d’or, réglemente son commerce et autorise les réquisitions du métal précieux. Ces dispositions seront abolies en 1948.

Depuis cette époque, à l’exception d’une obligation déclarative, les transactions sur l’or sont libres dans l’Hexagone.

Le métal précieux n’a cependant pas perdu son rôle de valeur refuge. Il est presque à son niveau historiquement le plus élevé et continue d’attirer les épargnants. Mais l’or détenu par les particuliers pèse désormais peu par rapport aux réserves des banques centrales. Le mobiliser n’aurait guère d’impact sur les finances publiques.

A l’heure du trading à haute fréquence et du bitcoin, la réquisition de l’or semble avoir disparu de la panoplie des outils de la politique monétaire.
 

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