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  • Type: Newsletter
  • Date: 10/06/2014

La livre écossaise : résidu historique ou monnaie d’avenir ? 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
Contrairement à la France, où seul l’euro a cours légal, le Royaume-Uni dispose de plusieurs monnaies : la livre sterling, émise par la Banque d’Angleterre, mais aussi la livre écossaise et la livre irlandaise. En Ecosse et en Irlande du Nord, quelques banques indépendantes de la Banque d’Angleterre font en effet circuler des billets libellés en livres « régionales ».

En Ecosse, trois établissements – Bank of Scotland, Clydesdale, Bank et Royal Bank of Scotland – disposent de ce privilège. Leurs billets ne sont pas formellement des monnaies au sens fiduciaire, comme le sont la livre sterling anglaise ou l’euro, mais des billets à ordre. Ils n’ont pas de cours légal. Si les commerçants écossais les acceptent systématiquement, c’est par convenance : ils n’y sont pas juridiquement tenus. Il arrive d’ailleurs que certains de leurs confrères anglais refusent les billets écossais.
En contrepartie du droit d’émettre des billets, les trois banques écossaises sont tenues de conserver un montant équivalent d’actifs liquides, notamment des livres sterling, dont une partie doit être déposée auprès de la Banque d’Angleterre.
Cette situation est un héritage de l’aventure industrielle britannique. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, comme la Banque d’Angleterre faisait circuler peu de numéraire, les besoins en moyens de paiement de l’industrie et du commerce britanniques ont été assurés par une multitude de banques privées régionales ou locales émettant leurs propres billets, la livre sterling jouant le rôle de monnaie de compte.
En Angleterre et au Pays de Galles, ces pratiques se sont progressivement éteintes. Elles demeurent en Irlande du Nord et en Ecosse. C’est ainsi que, de l’autre côté de la Manche, on trouve des billets à l’effigie non seulement de la reine Elisabeth, mais aussi de Lord Ilay (1682 -1761), premier gouverneur de la Royal Bank of Scotland en 1727.
La livre écossaise passait jusqu’à présent pour une curiosité institutionnelle, comme on en trouve beaucoup dans les îles britanniques. A l’approche d’un éventuel référendum sur l’autonomie de l’Ecosse, d’aucuns se demandent si elle ne pourrait connaître une nouvelle jeunesse !
 

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