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  • Date: 14/06/2012

Les langues régionales : un patrimoine immatériel en danger 

[Décryptages - Développement Durable]

"Mannois", "aasax", "oubykh", "eyak". Ces mots étranges ne sont pas sortis d’un générateur automatique de noms de meubles IKEA. Ce sont quatre des quelque 200 langues disparues dans le monde depuis 1950 : le mannois s’est éteint sur l’île de Man en 1974, l’aasax a disparu de Tanzanie en 1976, l’oubykh de Turquie en 1992 et l’eyak d’Alaska en 2008.
L’Atlas international des langues en péril, publié par l’Unesco, estime à 2 500 – sur un total de 6 000 – le nombre de langues vivantes dont la situation est « vulnérable, en danger, sérieusement en danger, en situation critique ou récemment éteinte dans le monde ».

L’Afrique est le continent le plus menacé. Parmi les 2 000 langues qu’on y trouve, 75 seulement ont un statut officiel. Les autres, parlées par quelques centaines de personnes seulement, paraissent condamnées à court terme, malgré les efforts déployés par l’Unesco pour les sauver.

En France métropolitaine, 15 langues régionales sont considérées comme en danger par l’organisation internationale : breton, alsacien, basque, bourguignon, champenois, provençal, etc.

Depuis 1951 et la loi Deixonne – du nom du député Joseph Deixonne (1904-1987) – la plupart de ces langues font l’objet d’un enseignement public visant à assurer leur pérennité. Le 23 juillet 2008, la Constitution française a été complétée par l’article 75-1 qui énonce que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».

Mais la démographie est têtue ! Seuls 15 000 des quelque 240 000 bretonnants ont moins de 40 ans. Au Pays basque, 11% seulement des moins de 17 ans déclarent parler basque, et en Alsace moins de 5% indiquent connaître l’alsacien.

Malgré les efforts des pouvoirs publics, on craint que les langues vivantes régionales françaises ne deviennent bientôt des langues régionales mortes.