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  • Type: Newsletter
  • Date: 04/07/2014

La grève des chauffeurs de taxi : première euro-grève sectorielle 

[Décryptages - International]
Face au développement des compagnies de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), les chauffeurs français de taxi multiplient les mouvements de protestation. Grâce au GPS et aux smartphones, les VTC peuvent en effet concurrencer aujourd’hui les taxis traditionnels sans être soumis à l’obligation d’achat de licence.

L’hostilité des taxis à l’égard des voitures dites « de grande remise » n’est pas récente. On l’observe tout au long du XXe siècle, et plus particulièrement depuis qu’en 1937 a été institué le régime du numerus clausus qui régit toujours l’exercice de la profession de chauffeur de taxi en France. Mais les protestations prennent aujourd’hui une dimension nouvelle : elles sont européennes.

La règlementation protectrice dont ont longtemps bénéficié les taxis dans l’Hexagone n’est pas une exception française. On retrouve des situations équivalentes chez la plupart de nos voisins. A Londres, dans un marché fortement dérégulé, les « cabs » rencontrent les mêmes problèmes que les taxis parisiens dans un environnement moins libéral.

Au-delà de leurs histoires respectives, les taxis européens sont tous confrontés au phénomène d’irruption d’une nouvelle concurrence portée par les technologies numériques. Leur mouvement de protestation peut sembler anachronique sous l’angle économique. Sur le plan social, il est novateur : la grève des chauffeurs de taxi est la première grève sectorielle européenne !

L’Europe a déjà connu des grèves transnationales, soit au sein des implantations nationales de groupes internationaux, soit dans le cadre de mots d’ordre de portée générale : grève contre l’austérité à l’initiative de la Confédération européenne des syndicats (CES), par exemple. Chaque fois, l’objectif était de dépasser les intérêts nationaux au bénéfice d’un intérêt collectif européen.

Le mouvement des chauffeurs de taxi est d’une autre nature : c’est pour défendre des situations locales qu’ils se regroupent au niveau européen. Certains y voient un combat d’arrière-garde. Pour d’autres, c’est la preuve que l’Europe progresse.
 

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