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  • Date: 05/11/2010

Commission du Danube : le commerce précède la politique 

[Décryptages - International]

Le 4 octobre 2010, un accident survenu dans une usine d'aluminium en Hongrie provoque une coulée de boue rouge toxique qui inonde les villages riverains. Dès le lendemain, la Commission internationale pour la protection du Danube (ICPDR) prend en charge la coordination de l’évaluation des conséquences de la catastrophe.

Si la légitimité de la Commission du Danube dans cette affaire est immédiatement admise par les pays riverains, c’est qu’elle procède d’une longue histoire consensuelle. Les grands fleuves présentent en effet le paradoxe de constituer à la fois des enjeux stratégiques et des sujets de coopération internationale.

Le rôle pacificateur du Danube remonte au XVIIème siècle. En 1616, l’Autriche autorise la Turquie à naviguer sur le milieu et la partie basse du fleuve. Ce droit est étendu à la Russie en 1774. Le Congrès de Vienne (1815) proclame le statut international du fleuve.

Plusieurs accords confirment ensuite la  liberté de navigation sur le Danube, jusqu’à ce qu’en 1856 le Traité de Paris précise le principe d’internationalisation du fleuve et établisse la première Commission du Danube. Celle-ci fonctionnera jusqu’au début de la seconde guerre mondiale. Après le conflit, la Convention de Belgrade de 1948 institue la Commission internationale pour la protection du Danube (ICPDR), encore active aujourd’hui.

Pour les pays membres, la Commission du Danube a toujours représenté une instance d’échanges en marge de leurs rivalités. Alors qu’elle avait quitté la Société des Nations dès 1933, l’Allemagne nazie y demeure ainsi jusqu’en 1939. Aux heures les plus tendues de la Guerre froide, les diplomates du bloc de l’Est et ceux des pays occidentaux poursuivent un dialogue fécond au sein de la Commission du Danube.


Depuis une quarantaine d’années, aux enjeux économiques et douaniers du Danube se sont ajoutées les préoccupations de protection de l’environnement. Sur ce plan également, la coopération transnationale des quinze Etats membres ou observateurs s’est imposée bien avant que les Nations Unies ne mettent la question à l’ordre du jour.

On dit que le commerce est une arme de paix : la Commission du Danube en est une illustration.