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  • Date: 22/11/2011

Dans l’Athènes antique, le commerce du blé était administré par les agoranomes et les sitophylaques. Mieux valait être agoranome que sitophylaque. Pourquoi ? 

[Décryptages - Mot à mot]

Au siècle de Périclès, c’est surtout l’orge qu’on cultivait dans l’Attique. Athènes importait les autres grains, notamment le blé, de Sicile, d’Egypte et d’Asie Mineure. Et c’est chaque année avec inquiétude qu’on suivait au Pirée l’arrivée, après l’été, des réserves nécessaires à l’hiver.

Pour éviter la fraude et la spéculation, le marché était doublement contrôlé. D’un côté par les agoranomes, une sorte de police chargée de vérifier la qualité du blé vendu. De l’autre, par les sitophylaques – ou gardiens du blé – chargés d’acheter du blé, pour le stocker puis le revendre, afin de réguler les cours.

Au nombre de quinze, ces magistrats avaient par ailleurs mission de vérifier que les négociants respectaient les quotas de vente à ne pas dépasser.

Les abus étaient théoriquement punis de mort, mais la peine n’était appliquée qu’en période de disette pour calmer le peuple.

Il arrivait alors aussi que les sitophylaques soient eux-mêmes suspectés de complicité, condamnés et exécutés. Les agoranomes échappaient, sauf cas particulier, à ce risque.

D’aucuns se demandent si la Grèce moderne ne gagnerait pas au retour des sitophylaques et agoranomes.