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  • Date: 28/03/2013

Universités en ligne : les raisons d’une controverse 

[Décryptages - Générations]
L’enseignement à distance n’a pas attendu Internet pour se développer.

Profitant de l’amélioration de la distribution du courrier postal, les cours par correspondance apparaissent à la fin du XIXe siècle. La radio, puis la télévision, prennent ensuite le relais. Dès les années trente, plusieurs universités américaines diffusent leurs cours sur les ondes. En France, Radio-Sorbonne est créée en 1947. Mais, des deux côtés de l’Atlantique, ces projets n’ont jamais touché qu’un nombre limité d’étudiants.

Les dernières évolutions du web changent la donne, quantitativement et qualitativement.

Sur le plan quantitatif, Internet permet de mettre facilement et gratuitement à la disposition du plus grand nombre, sans contrainte d’horaires et dans de bonnes conditions ergonomiques, les enseignements universitaires les plus divers. On a donné le nom de MOOC (massive open online courses) à ces cours en accès libre dans le monde entier.

Sous l’angle qualitatif, l’enseignement par Internet est également novateur. L’étudiant peut choisir son itinéraire pédagogique, accéder à des modules complémentaires en temps réel par l’hypertexte, partager son apprentissage avec d’autres utilisateurs, voire avec les enseignants.

La plupart des grandes universités américaines, suivies par d’autres dans le monde, ont rejoint les plateformes qui fédèrent les MOOC. Certaines commencent à mettre en place des programmes de certification des étudiants. En France, plusieurs grandes écoles ont prévu de s’affilier prochainement aux plateformes de MOOC. Le principe économique généralement retenu est celui de la gratuité pour les particuliers, et de la facturation aux institutions.

Les partisans des MOOC mettent en avant leur dimension démocratique. Les détracteurs de ces outils s’interrogent sur leur efficacité pédagogique. Le débat s’apparente à celui qui confronte le livre imprimé et l’e-book, le cinéma en salle et la vidéo en streaming, la télémédecine et la visite au médecin.

Beaucoup pronostiquent la coexistence dans le futur de ces différentes techniques, les unes pour l’utilisation courante, les autres pour une consommation en quelque sorte de luxe. C’est la voie que semblent prendre les MOOC et les cours académiques à l’université : les premiers pour l’enseignement de base, les seconds pour l’excellence universitaire.
 

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