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  • Date: 18/09/2012

Une conséquence de la crise : la génération boomerang 

[Décryptages - Générations]

Aux Etats-Unis, un tiers des adultes de 25 à 34 ans vivaient chez leurs parents pendant la Grande Crise des années trente. La proportion a ensuite progressivement diminué jusqu’à 11% en 1980. Elle a augmenté régulièrement depuis et atteint actuellement 22%.
L’Union européenne affiche une proportion de jeunes adultes vivant chez leurs parents ou beaux-parents d’environ 26%, voisine de celle observée outre-Atlantique. Mais les situations sont très contrastées selon les pays.

En Italie, 40% des 25-34 ans demeurent dans le giron familial. Au Danemark, ils ne sont que 2% dans ce cas. La France se situe à un niveau intermédiaire entre la situation nordique et le modèle méditerranéen, avec 12% des adultes de 25 à 34 ans encore présents chez leurs parents.

Dans l’Hexagone, la proportion augmente depuis une dizaine d’années. D’abord provoquée par le prolongement des études et les difficultés d’accès au premier emploi ou au logement, la tendance des 25-34 ans à résider au foyer familial est accentuée aujourd’hui, en période de crise économique, par un phénomène nouveau.

On observe en effet un nombre croissant de jeunes trentenaires de retour chez leurs parents à la suite d’une dégradation de carrière professionnelle ou d’une séparation de couple, qui bouleversent soudainement leur pouvoir d’achat et ne leur laissent d’autres choix immédiats que de renoncer à se loger par eux-mêmes.

Une enquête menée aux Etats-Unis, où se développe le même processus, révèle que les jeunes adultes de retour dans leurs chambres d’enfants se déclarent plutôt satisfaits de leur situation, tant sur le plan matériel qu’au regard de la relation avec leurs parents. Est-ce réciproque ?

On a donné le nom de « génération boomerang » à ces jeunes qui rentrent à la maison. Quant à leurs parents, babyboomers sexagénaires, on les appelle désormais babygloomers.

En anglais, gloom signifie tristesse. C’est dire que le retour des enfants dans le cocon familial ne fait sans doute pas que des heureux !