France

Détails

  • Service: Corporate
  • Type: Newsletter
  • Date: 17/01/2011

Terres rares : vers une économie de guerre ? 

[Décryptages - Développement durable]

Pourquoi, en Angleterre, les maisons individuelles construites avant 1940 n’ont-elles souvent pas de barrières ?

C’est parce qu’on en a récupéré le métal.

Pendant la seconde guerre mondiale, le gouvernement britannique a encouragé chacun à se défaire de ses objets métalliques non essentiels. Et la plupart des propriétaires ont ainsi renoncé à leurs grilles de jardin.

Cette pratique de temps de guerre pourrait revenir dans l’actualité.  


La Chine, qui produit 97% des terres rares, ces dix-sept métaux utilisés dans les technologies de pointe, a récemment décidé de limiter fortement ses exportations.

Pour prévenir la pénurie qui menace, l’ONU encourage les pays industriels à recycler massivement leurs déchets. Le potentiel est considérable : au niveau mondial, on recycle actuellement moins de 1% des terres rares.

Par extraction manuelle, on sait aujourd’hui récupérer 60% des métaux rares présents dans les objets technologiques (téléphones portables, écrans plats…). En Allemagne, la mise au point de processus automatisés est en bonne voie. Au Japon, on espère que 10% des besoins en terres rares seront couverts par le recyclage dès 2013.

Malgré les politiques publiques d’information et d’encouragement, le recyclage des produits technologiques n’est cependant pas encore suffisamment entré dans les mœurs pour être à la mesure des enjeux.

Mais la réduction des quotas d’exportation de terres rares par la Chine pourrait changer la donne : à défaut de le faire par réflexe écologique, les consommateurs occidentaux pourraient en effet se mobiliser par sursaut patriotique.

La guerre économique peut parfois avoir les mêmes conséquences que les conflits militaires.