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  • Date: 21/12/2012

Le téléphone : première nationalisation française 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
Si l’on excepte la confiscation des biens de la noblesse et du clergé pendant la Révolution, la première nationalisation française à caractère économique remonte à 1889 : c’est celle du téléphone.

L’exploitation commerciale du téléphone dans l’Hexagone commence en 1878. A l’occasion de l’exposition universelle, le ministère des Postes et Télégraphes, tout juste créé, accorde des licences d’exploitation du téléphone urbain à trois concessionnaires, qui fusionnent dès l’année suivante pour former la Société Générale des Téléphones (SGT).

Au cours de la décennie qui suit, la région parisienne puis les grandes villes de province sont équipées et reliées entre elles. Devant l’enthousiasme des utilisateurs, l’Etat comprend qu’il a accordé à la SGT un avantage exorbitant.

Le 16 juillet 1889, le Parlement vote une loi nationalisant la Société Générale des Téléphones et institue le monopole des télécommunications en faveur de l’Etat. La France compte alors 10 000 abonnés. L’exploitation du téléphone est confiée au ministère des Postes et Télégraphes.

Vite surgit la question de la gestion de ce nouveau service à caractère commercial. A la tribune de la Chambre, Félix Faure déclare que « l’Etat devrait établir ses budgets [du téléphone] comme le ferait un particulier ou une compagnie […] afin de donner au pays une idée exacte des sacrifices qu’il s’impose et des bénéfices qu’il retire de ses exploitations ». Il faudra attendre 1923 pour que le téléphone fasse l’objet d’un budget annexe du ministère des PTT.

Malgré ce budget annexe, l’administration du téléphone patientera encore un demi-siècle – au cours duquel le réseau téléphonique français prendra du retard – avant de disposer d’une autonomie adaptée à ses enjeux.

Et vingt-cinq autres années seront encore nécessaires pour qu’en 1998 prenne fin le monopole de l’Etat sur les télécommunications et que l’opérateur national du téléphone amorce son retour dans le secteur concurrentiel.
 

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