[Décryptages - Entreprises & Economie]
Pourquoi faut-il en moyenne 7 minutes pour trouver un taxi à Paris, alors que moins de 60 secondes suffisent généralement à Londres et à New York ?
L’explication ne vient pas du nombre de véhicules dans chacune des agglomérations. Proportionnellement à la population, il y a autant de taxis à Londres qu’à Paris, et trois fois moins à New York.
Ce qui fait la différence, ce sont d’abord les voitures dites de petite remise – appelées minicabs à Londres et liveries à New York – qu’on ne peut commander que par téléphone et auxquelles il est interdit de prendre les clients qui les hèlent dans la rue.
Aux côtés de ses 24 000 taxis, Londres compte en effet quelque 50 000 minicabs, et New York 40 000 liveries pour 12 500 taxis traditionnels. A Paris, en revanche, il n’y a pas de voitures de petite remise en complément des 15 000 taxis.
A Londres et à New York, les minicabs et les liveries assurent la plupart des déplacements payés par les entreprises et des trajets au départ du domicile, ainsi qu’une grande partie des liaisons avec les aéroports. Les taxis se trouvent ainsi disponibles sur la voie publique pour les particuliers. A l’inverse, dans la capitale française, près de 70% des véhicules sont mobilisés par les réservations téléphoniques et les liaisons avec les aéroports.
Les conditions d’exercice de la profession apportent une explication complémentaire. A New York, où les taxis appartiennent surtout à des entreprises, il y a quatre fois plus de chauffeurs que de véhicules, permettant une circulation 24 heures sur 24, qui compense la faiblesse relative du parc. C’est également le cas, dans une moindre mesure, à Londres. A Paris, au contraire, la plupart des taxis appartiennent à des artisans, auxquels il est interdit de rouler plus de 11 heures par jour.
Enfin, le fait que les quartiers centraux de Londres et Manhattan soient deux fois moins étendus que Paris intra-muros contribue à l’impression de foisonnement qu’on peut avoir quand on y cherche un taxi.
La Commission européenne encourage la France à mettre fin au monopole des taxis parisiens. Des compagnies low-cost tentent de s’établir dans la capitale en dépit de la protestation des chauffeurs-artisans. Elles pourraient y assurer le rôle des voitures de petite remise qui lui font défaut.
Au regard des exemples de Londres et de New York, la demande ne devrait pas manquer.