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  • Date: 15/05/2012

Syrie, 1860 : la première intervention humanitaire 

[Décryptages - International]

Le 9 juillet 1860, la persécution des chrétiens par les Druzes dans les villes de la montagne libanaise s’étend à la Syrie et touche Damas. En dix jours, plus de 10 000 personnes sont massacrées sans que les autorités turques interviennent.

Depuis François 1er, c’est à la France que revient, dans le concert des nations, le rôle de protecteur des chrétiens d’Orient. Napoléon III hésite à envoyer ses troupes, tout juste rentrées d’Italie. Mais devant l’émotion des milieux catholiques, il accepte de mobiliser un corps expéditionnaire, à condition de ne pas intervenir seul et de le faire à la demande de la Turquie.

Le 3 août, une conférence réunit à Paris les représentants de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Autriche, de la Prusse, de la Russie et de la Turquie. On décide d’envoyer à Damas, pour six mois, un contingent international de 12 000 hommes, composé pour moitié de soldats français, et commandé par le général français de Beaufort.

Lorsque les alliés débarquent le 16 août, les combats ont cessé. Beaufort renonce à marcher sur Damas et se contente d’occuper la côte. En accord avec la Turquie, il est institué de la mer jusqu’au Mont Liban une zone autonome multiconfessionnelle dirigée par un gouverneur arménien. Un petit port de cabotage, par où transite le ravitaillement, n’est pas inclus dans la zone.

Le corps expéditionnaire se retirera en juin 1861. La zone autonome multiconfessionnelle deviendra le Liban. Le petit port, très actif pendant la présence des troupes européennes et vers lequel convergent les réfugiés chrétiens, deviendra vite une grande cité commerçante : Beyrouth.

Dans la presse parisienne, deux ans avant la création de la Croix-Rouge par Henry Dunant, on qualifiera l’expédition d’Orient de première opération militaire
« d’humanité ».