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  • Service: Corporate
  • Type: Événement
  • Date: 07/05/2013

Le syndrome de Kessler : une menace pour la circulation spatiale 

[Décryptages - Développement durable]
L’Agence spatiale européenne estime à quelque 17 000 le nombre de débris de satellites de plus de 10 centimètres de longueur en orbite autour de la Terre. Ceux-ci font l’objet d’un suivi permanent. Toutes tailles confondues, les 4 900 lancements d’engins effectués depuis les débuts de l’aventure spatiale ont généré 170 millions de déchets tournant autour de notre planète, la plupart de quelques millimètres d’épaisseur.

Cette densité est telle que les collisions impliquant des débris de grande taille se multiplient. Chaque fois, elles provoquent la dissémination de plusieurs milliers de nouveaux déchets, qui accroissent à leur tour le risque d’impact. On a donné le nom de syndrome de Kessler – du nom du consultant de la Nasa Donald J. Kessler – à ce phénomène exponentiel de réactions en chaîne.

La communauté scientifique est consciente du danger. Pour enrayer l’effet Kessler, une conférence internationale réunie à Darmstadt (Allemagne) en avril 2013 a préconisé de procéder chaque année à la destruction de cinq à dix satellites réformés de grande taille. L’opération consiste, à l’aide de robots spatiaux, à placer ces engins sur des trajectoires qui les projettent en direction de la Terre. A leur entrée dans l’atmosphère, ils se désintègrent, sans danger pour les populations.

Cette technologie est complexe et coûteuse. Elle se heurte à des difficultés techniques, mais plus encore juridiques. Les principaux « pollueurs » de l’espace sont la Russie (6 000 débris de plus de 10 cm), les Etats-Unis (5 000) et la Chine (4 000). La France est à l’origine de 500 déchets de grande taille. Chaque pays est-il responsable de ses débris ? Doit-il assumer les dégâts que ceux-ci pourraient causer à des satellites actifs ? Lui revient-il de procéder à leur destruction ?

Sauf à devoir un jour renoncer à placer de nouveaux satellites en orbite, tant le risque de collision sera élevé, ces questions devront être résolues dans les années qui viennent.
 

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