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  • Date: 14/03/2011

Saint-Valentin : un danger pour le Kenya ? 

[Décryptages - Développement durable]

Les amoureux n’en ont pas conscience. Mais en offrant des roses hollandaises pour exprimer leur passion, ils assèchent un peu plus chaque année un grand lac africain.

Tout vient de ce que la plupart des roses des Pays-Bas ne poussent pas sur les polders de la mer du Nord, mais sur les rives du lac Naivasha, dans la vallée du grand rift, au Kenya.

Si les Pays-Bas sont le premier exportateur mondial de roses, ils ne sont en effet pas le premier producteur. Sur les 3,5 milliards de roses vendues annuellement dans le monde par les négociants néerlandais, un milliard seulement sont cultivées dans le pays de Rembrandt. Le reste provient d’Afrique, et pour moitié du Kenya.

Situé à 1800 mètres d’altitude, le lac Naivasha concentre à sa périphérie l’essentiel de la production kenyane. Ses ressources aquatiques, alliées à un climat toujours tempéré, permettent d’obtenir des récoltes tout au long de l’année, et des fleurs d’une durée de vie supérieure de dix jours à celle des roses produites en Europe.

La production est ensuite acheminée aux Pays-Bas, où elle est conditionnée, et réexportée avec une mention d’origine hollandaise.

Mais comme les roses sont constituées à 90% d’eau, le lac est victime d’un phénomène dit d’eutrophisation : excessivement enrichi en sels minéraux, il s’asphyxie. Les besoins en eau de la population locale, passée en 40 ans de 7 000 à près de 300 000 personnes, renforcent la tendance à l’assèchement.

Déjà attentives aux conditions de travail dans l’industrie horticole kenyane, les ONG spécialisées dans le commerce équitable s’efforcent désormais de protéger aussi la région sur le plan écologique.

L’association « Kenya Flower Council » a rédigé un code de bonne conduite. Plusieurs études d’impact environnemental sont en cours. Mais pour les spécialistes, seul un changement durable des habitudes de production serait de nature à éviter au Naivasha le risque de disparition qui, à l’instar de nombreux autres lacs de la Planète, le menace.

Des préoccupations bien éloignées des bouquets de la Saint-Valentin !