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  • Date: 22/12/2010

Rosé : le vin qui ne connaît pas la crise 


[Décryptages - Entreprises & Economie]

Du 1er août 2009 au 31 juillet 2010, les ventes de vins tranquilles (non pétillants) dans les grandes surfaces françaises sont restées stables en volume par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. En valeur, elles progressent de 7,6%. Cette évolution est cependant très contrastée selon la couleur des vins.

Les ventes de vin rouge diminuent en volume de près de 6,6% et n’augmentent en valeur que de 0,3%. Celles de vin blanc sont stables en volume et progressent de 10,4% en valeur. Le rosé affiche en revanche une dynamique spectaculaire : + 19,7% en volume, + 30,4% en valeur !

Les Français consomment désormais plus de rosé que de blanc. Pour le rosé, c’est une revanche.


Jusqu’au XIXème siècle en effet, le rosé, considéré comme le plus vieux vin de l’histoire, était aussi le plus répandu. Mais les goûts changent après la Révolution, et la demande s’oriente vers des vins plus nourrissants. Le rosé décline au profit du rouge et même du blanc.

Lorsque dans les années 1900, au lendemain de la crise du phylloxera, on replante la vigne française, le rosé, qui avait occupé jusqu’à 80% du marché, tombe à moins de 10%. Et malgré un regain d’intérêt pendant le Front Populaire, il demeurera à ce niveau tout au long du XXème siècle.

Tout change à partir de 2000 : en dix ans, la part du rosé dans la consommation en volume de vin en France double pour atteindre aujourd’hui 26%, derrière le rouge (57%), mais loin devant le blanc (17%).


Ce renouveau s’explique d’abord par la politique de qualité des producteurs de rosé depuis une dizaine d’années. Il procède aussi d’un marketing habile qui a su attirer la clientèle des femmes et des jeunes. Il tient aussi à des raisons économiques : relativement moins cher que le rouge ou le blanc, le rosé est apprécié en période de crise.

Contrairement à une idée répandue, le rosé authentique n’est pas un mélange de rouge et de blanc. Pour stimuler les exportations, la Commission européenne a toutefois envisagé en 2009 d’accorder le label « rosé » à un tel croisement. Elle y a renoncé devant l’hostilité scandalisée des vignerons français.


Mais il se trouve que les Chinois apprécient, dit-on, l’addition de rouge et de blanc. Les producteurs resteront-ils aussi vertueux lorsque les marchés asiatiques, nouvel horizon des viticulteurs, s’ouvriront au rosé ?