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  • Date: 17/10/2011

Primaires américaines : un jeune vieux système 

[Décryptages - International]

La pratique des élections primaires en vigueur aux Etats-Unis paraît consubstantielle de la démocratie américaine. Le système n’est pourtant devenu la norme qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale et ne s’est généralisé qu’après 1968.

La question de la désignation, outre-Atlantique, des candidats aux élections s’est posée dès le scrutin présidentiel de 1796. Deux partis sont alors en lice : les Fédéralistes, ancêtres des Républicains, et les Anti-fédéralistes, dont les Démocrates sont aujourd’hui les héritiers. Contrairement aux élections précédentes, plusieurs candidats aspirent à représenter le camp fédéraliste. Pour les départager, on organise une convention (caucus) composée d’élus et dirigeants du parti.

Egalement adopté par les Anti-fédéralistes, le système du caucus de dirigeants fonctionnera pendant un siècle. Mais on lui fait deux critiques. La première est de confier de facto la désignation des candidats à l’appareil du parti. La seconde est de privilégier le choix de candidats de compromis et d’empêcher l’émergence de personnalités fortes.

Aussi, au début du XXème siècle, plusieurs Etats décident-ils de faire participer au caucus des représentants des différents candidats potentiels. Pour désigner ces représentants, on organise des élections préalables, dites primaires.

Entre les deux guerres, la pratique des élections primaires se diffuse dans un nombre croissant d’Etats, selon des modalités très variables : primaires fermées, réservées aux adhérents inscrits de chaque parti ; primaires ouvertes, avec déclaration publique ou privée d’affiliation des électeurs au parti de leur choix.

Aujourd’hui, le système des primaires fonctionne dans trois Etats sur quatre, tant pour l’élection présidentielle que pour les scrutins locaux.

On reproche parfois au dispositif sa complexité et sa longueur, qui contraint les candidats à entrer en campagne 18 mois avant l’élection finale. Mais ses défenseurs soulignent qu’il a permis à un Clinton ou un Obama, quasiment inconnus du grand public, d’accéder à la Maison Blanche : une preuve de sa vitalité !