France

Détails

  • Service: Corporate
  • Type: Newsletter
  • Date: 13/02/2014

Post-Panamax : le nouvel horizon du transport maritime 

[Décryptages - International]
Les professions utilisent souvent deux vocabulaires, l’un technique, l’autre métaphorique. Dans le transport maritime, on classe les navires selon leur longueur, leur largeur ou maître-bau, leur tirant d’eau et leur tirant d’air (hauteur des superstructures au-dessus de la ligne de flottaison), leur tonnage, leur déplacement… A côté de ce code normatif, on utilise couramment un langage plus imagé.

Les Panamax – pour Panama maximum – désignent ainsi les cargos de dimensions telles qu’ils peuvent franchir le canal de Panama en pleine charge : longueur et largeur inférieures respectivement à 294 et 32 mètres, tirants d’eau et d’air inférieurs à 12 et 58 mètres. Les Panamax peuvent transporter 12 à 13 containers de front.

L’achèvement prévu en 2016 du nouveau canal de Panama va changer la donne. Des bâtiments longs de 366 mètres, larges de 49 mètres, d'un tirant d'eau de près de 20 mètres, pourront alors passer du Pacifique à l’Atlantique, et réciproquement, sans devoir contourner le cap Horn. On donne le nom de Post-Panamax à de ce type de navires. Ils sont capables d’accepter frontalement jusqu’à 18 containers.

En prévision de la prochaine ouverture du nouveau canal, on construit des Post-Panamax depuis plusieurs années. Ils représentent déjà 16% des navires marchands dans le monde, et 45% de la capacité mondiale de fret. Leur nombre augmente de 5% par an.

La classification des navires se retrouve dans le langage portuaire : les ports dits Panamax sont ceux capables d’accueillir les navires Panamax. Compte tenu des perspectives de croissance du trafic, beaucoup ont entrepris de s’équiper en portiques de classe Post-Panamax, aptes à décharger les containers des navires correspondants.

La montée en puissance des Post-Panamax pourrait reconfigurer la carte du transport maritime. Aux Etats-Unis, le port de Houston se dote de portiques géants afin d’accueillir, une fois le nouveau canal de Panama ouvert, le fret asiatique destiné au Texas et au Nouveau-Mexique qui transite actuellement par les ports de Californie. Montréal investit de même dans le Post-Panamax en espérant recueillir une partie du trafic de Vancouver.

En France, après Le Havre et Dunkerque, Fos-sur-Mer s’est doté de portiques Post-Panamax, avec l’ambition d’orienter vers la France une part du fret actuellement déchargé à Gênes et Barcelone.
 

Boutons de partage

Share this