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  • Date: 10/10/2012

Pollution lumineuse : le commencement de la fin ? 

[Décryptages - Développement durable]
L'astronaute belge Frank De Winne raconte que lorsqu'il avait en 2009 le mal du pays dans la Station Spatiale Internationale, il lui suffisait de chercher sur la Terre une zone particulièrement lumineuse de nuit pour repérer la Belgique.

La Belgique est en effet l'un des rares pays qui continuent d'éclairer la nuit leurs réseaux autoroutiers. La plupart des autres y ont renoncé partiellement ou en totalité.

En France, c'est à un vol de câbles qu'on doit la suppression de l'éclairage nocturne des autoroutes. En 2007, en effet, une portion de l'autoroute A15 habituellement éclairée la nuit est plongée durablement dans l'obscurité à la suite du pillage des fils électriques qui lui étaient destinés. Dans la période qui suit, on constate une diminution des accidents sur le secteur concerné, tout se passant comme si les automobilistes étaient rendus prudents par l'absence d'éclairage. L'administration décide alors l'extinction progressive des lampadaires d'autoroutes.

Outre le renforcement paradoxal de la sécurité routière, cette nouvelle politique permet des réductions de consommation électrique et améliore le bilan CO2 des autoroutes.

Elle s'inscrit de surcroît dans un programme plus général de diminution de la pollution lumineuse. Des études ont montré qu'un éclairage public excessif peut avoir des effets négatifs sur la santé humaine, la reproduction des insectes et la migration des oiseaux. Depuis le 1er juillet 2012, les enseignes et publicités lumineuses récemment installées doivent être éteintes au cours de la nuit. Les plus anciennes devront progressivement se plier à cette règle dans les années qui viennent.

Une attention nouvelle est également portée à l'éclairage nocturne des bureaux. Aucune réglementation n'exigeant d'y éteindre les lampes, certaines entreprises les maintiennent allumées toute la nuit. C'est le cas notamment dans quelques-unes des tours de La Défense à Paris. Un cabinet spécialisé a rendu récemment public le palmarès de l'éclairage nocturne dans le quartier d'affaires. La tour la plus lumineuse la nuit maintient éclairé un bureau sur deux. La moins lumineuse n'en éclaire que 5%. A défaut de législation, c'est la technique anglo-saxonne du naming and shaming qui est mobilisée : en affichant le classement, on espère faire évoluer ceux qui sont à la traîne.

Le mouvement de limitation de l'éclairage public est lancé dans l'Hexagone.

Lorsque les astronautes verront dans le futur une zone peu éclairée au sud d'une autre, plus petite, fortement lumineuse, ils pourront dire : c'est la France !
 

Sources