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  • Date: 14/06/2012

Plagiat universitaire : un mal français ? 

[Decryptages - Générations]

Selon une étude menée par l’Institut d’économie et de management de Nantes, quatre étudiants français sur cinq admettent avoir déjà pratiqué le plagiat, et un sur sept déclare avoir déjà acheté clé en main sur Internet des devoirs universitaires rédigés par un tiers.
On estime que les mémoires de licence et de master contiennent en moyenne 15% de textes glanés sur le web puis copiés-collés à l’identique sans mention de sources.

Depuis quelques années, la pratique du plagiat universitaire prospère plus en France qu’aux Etats-Unis. Trois explications principales sont avancées.

La première est la relative pauvreté des universités françaises en bibliothèques par rapport aux établissements d’outre-Atlantique. Seuls 40% des étudiants français les fréquentent. Pour les autres (60%), le web constitue l’unique source documentaire, augmentant d’autant la tentation de copier-coller.

Une deuxième explication tient aux habitudes universitaires françaises. Dans les mémoires de licence et de master, on accorde traditionnellement plus d’importance aux recherches bibliographiques en France que dans les pays anglo-saxons, où la priorité est donnée aux idées personnelles. A force de compiler les textes des autres, l’étudiant français serait tenté de les utiliser sans les citer.

Enfin, les universités françaises sont en retard en matière de prévention du plagiat. Alors que les usages bibliographiques font partie des enseignements de base sur les campus américains, ils demeurent méconnus par les étudiants français.

La France est-elle sur le point de rattraper son retard ? Depuis 2008, la plupart des établissements d’enseignement supérieur français se dotent de chartes déontologiques. Les sanctions à l’égard des étudiants plagiaires de licence et master se multiplient.

Mais le plagiat ne se limite pas aux premières années de la vie universitaire : les cas d’emprunts observés dans les thèses se multiplient. Parce qu’elles mettent, dit-on, en cause la rigueur des jurys, les sanctions demeurent limitées dans le cas de plagiat de thèses. D’aucuns considèrent que seule une répression exemplaire du plagiat de thèse permettra d’enrayer l’inflation du plagiat au niveau des licences et masters.