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  • Date: 06/06/2011

Pays-Bas : la loterie des futurs médecins 

[Décryptages - Générations]

Comme tous leurs voisins, les Pays-Bas imposent un numerus clausus à l’entrée des études de médecine. Mais ils se distinguent par un dispositif de sélection qu’ils sont les seuls à appliquer systématiquement : la loterie.

Plutôt que l’admission sur dossier ou concours, les Hollandais pratiquent en effet depuis 1972 le tirage au sort pondéré à l’entrée des facultés de médecine.

A l’issue de leurs études secondaires, les lycéens néerlandais candidats aux études médicales se voient attribuer un niveau A, B, C, etc, par ordre décroissant selon leurs performances scolaires. L’administration hollandaise fixe ensuite les pourcentages d’étudiants en médecine qui seront sélectionnés dans chaque catégorie : par exemple 70% du niveau A, 50% du B, 35% du C, etc. Puis le tirage au sort est effectué, les élèves ayant une moyenne supérieure à 9/10 en étant cependant dispensés.

Depuis 1999, certaines facultés de médecine néerlandaises recrutent également en parallèle des étudiants sur titres et entretiens. Mais elles en reviennent après avoir constaté qu’ils ne se révèlent pas meilleurs que leurs camarades tirés au sort.

Au total, plus de 90% des futurs médecins hollandais sont issus de la loterie pondérée.

Suivant l’exemple des Pays-Bas, la Belgique a commencé à tester cette méthode dans certaines facultés de médecine flamandes, et en Wallonie pour les candidats étrangers.

Le tirage au sort s’affirme comme un système de sélection beaucoup moins coûteux que le concours et tout aussi efficace au regard de l’intérêt général. Dans l’Hexagone, il passe pour contraire à la tradition républicaine.

Mais d’aucuns se demandent si notre sélection à la française, qui laisse sur le carreau la majorité des candidats, déprimés après deux années de stress et de bachotage, est pour autant plus juste.