[Décryptages - Générations]
Tous ceux qui sont dans ce cas s'en souviennent : on n'est pas gâté par le système scolaire quand on a un nom de famille commençant par l'une des dernières lettres de l'alphabet. A la rentrée, on se retrouve souvent dans les derniers rangs de la classe. Pendant l'appel, on doit demeurer vigilant jusqu'au bout. Et lorsque le professeur rend les copies, on reste dans l'angoisse plus longtemps que les copains.
Des chercheurs des universités américaines de Georgetown et de Belmont se sont demandé si, une fois à l'âge adulte, les élèves concernés en conservaient des séquelles.
A cet effet, ils ont proposé à des panels de consommateurs des offres commerciales très avantageuses – dans la limite des disponibilités –, et on mesuré le temps mis par les bénéficiaires pour se décider à en profiter. Les personnes dont le patronyme de naissance commençait par une lettre située dans l'alphabet entre R et Z ont répondu notablement plus vite que les autres.
D'autres études ont montré que les R-Z sont de même mieux placés dans les queues qui se forment à l'entrée des magasins le premier jour des soldes.
L'une des hypothèses avancées est que les R-Z compensent ainsi inconsciemment les frustrations de leur enfance.
Ce constat est analysé avec intérêt par les spécialistes du marketing : on peut en effet s'attendre à de meilleures remontées dans les opérations de prospection ciblées en direction des R-Z.
Mais tout avantage a son revers. Si les R-Z sont plus habiles que la moyenne lorsqu'il s'agit de saisir les bonnes affaires, ils ont en revanche moins de chances que les A-H d'obtenir des postes universitaires prestigieux ou des prix Nobel.
Ainsi, alors que les Français dont le nom de famille commence par une lettre située entre R et Z constituent près du quart de la population, un seul des douze lauréats français du prix Nobel de physique est dans ce cas : Marie Curie, née Skłodowska.
De quoi faire réfléchir les amateurs de stratégie scolaire !