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  • Date: 11/01/2013

Nationalité russe : une tradition historique 

[Décryptages - International]
En 1688, à la suite de la révocation de l’Edit de Nantes trois ans plus tôt, un oukase impérial russe ouvre toutes les provinces de la Russie aux protestants français fugitifs. Il garantit aux militaires un emploi dans l'armée nationale, avec des traitements proportionnés à leurs grades, leur laissant la faculté de se retirer librement s'ils souhaitent retourner un jour dans leur ancienne patrie.

Outre l’armée, le commerce et l’artisanat, la banque et la science de Saint-Pétersbourg s’enrichissent de l’apport des huguenots, au point qu’on retrouve des noms français dans l’entourage des tsars.

A partir de 1789, une partie de la noblesse française prend à son tour le chemin de la Russie. En 1810, on compte une dizaine de milliers de Français à Moscou et Saint-Pétersbourg. Ils ne sont pas inquiétés pendant les guerres napoléoniennes.

En 1918, la première Constitution de la République socialiste fédérative soviétique de Russie – RSFSR, future URSS – énonce en son article 21 : « En raison de la solidarité des travailleurs de toutes les nations, la RSFSR accorde tous les droits politiques des citoyens russes aux étrangers résidant sur le territoire de la République russe pour y travailler et appartenant à la classe ouvrière, ou aux paysans qui ne vivent pas du travail d'autrui, et reconnaît aux soviets locaux le droit d'accorder à ces étrangers le droit de citoyenneté russe sans autre formalité.» Cette disposition demeura en vigueur jusqu’en 1936.

Quelques Européens et Américains se laisseront tentés par l’émigration en URSS, par conviction idéologique dans les années 20, puis du fait de la crise économique dans les années 30, sans possibilité de retour pour la plupart, et avec le goulag comme ultime destination pour certains.

Après une politique de naturalisation libérale au début des années 90, notamment en faveur des ressortissants des anciennes républiques soviétiques, la Fédération de Russie a récemment rendu plus exigeantes les conditions de résidence nécessaires à l’obtention de la nationalité russe. Celles-ci demeurent cependant – du moins sur le papier – moins contraignantes que celles couramment en vigueur dans les démocraties occidentales.

Comme si, indépendamment des régimes politiques, une tradition d’accueil se maintenait dans le plus vaste Etat de la planète.
 

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