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  • Date: 16/05/2011

Le muguet : une fleur d’exception 

[Décryptages - Entreprises & Economie]

Lorsqu’en 1890 s’installe en France la tradition des défilés du 1er mai, les manifestants prennent l’habitude d’arborer à la boutonnière un triangle rouge, symbolisant la division de la journée en trois parties : travail, sommeil, loisirs.

Dix ans plus tard, la fleur d’églantine se substitue au triangle. Puis, à la veille de la première guerre mondiale, le muguet sauvage des sous-bois prend le relais comme fleur emblématique de la Fête du Travail.

Un siècle après, si les cortèges du 1er mai ont vu leurs effectifs diminuer, la vente de muguet est en revanche un commerce des plus lucratifs.

On produit chaque année environ 60 millions de brins dans l’Hexagone, principalement cultivés dans la région nantaise.

Le cours du muguet chez les grossistes se situe autour de 0,25 euro le brin. Sur la voie publique, on le trouve ensuite entre 2 et 3 euros.

Compte tenu des taux de perte de marchandise, le chiffre d’affaires des ventes de muguet du 1er mai s’élève à une soixantaine de millions d’euros, réalisé pour moitié par les fleuristes et la grande distribution, et pour moitié par les revendeurs de rue, tolérés ce jour-là.

La vente au détail de muguet dégage ainsi une valeur ajoutée de l’ordre de 75%. Par comparaison, la Fédération Nationale des Fleuristes estime à 37% la valeur ajoutée des boutiques du secteur.

La fleur des travailleurs est-elle devenue un produit de luxe ?