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  • Date: 07/05/2013

La morale à l’école : une levier économique ? 

[Décryptages - Générations]
Au début des années 1880, l’économie mondiale est en dépression depuis 1873. La France, affaiblie par sa défaite de 1871, est plus affectée que l’Allemagne. Les produits industriels allemands, jugés de meilleure qualité que leurs équivalents français, s’exportent mieux.

Dans le monde politique parisien, beaucoup attribuent ce retard aux insuffisances du système d’enseignement et au manque de rigueur morale de la population.

Le 16 janvier 1881, Jules Ferry, ministre de l‘Instruction publique et président du Conseil des ministres, fait voter une loi imposant aux communes l’ouverture d’écoles primaires publiques et gratuites. La loi de 1881 sera complétée par une seconde, promulguée le 28 mars 1882 et à laquelle Ferry a attaché son nom, qui rend l’instruction primaire obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six à treize ans révolus. Celle-ci peut être dispensée « dans les établissements d'instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles, par le père de famille lui-même ou par toute personne qu'il aura choisie ».

L’article 1er de la loi du 28 mars 1882 dresse la liste des matières au programme de l’instruction obligatoire. La première est « l’instruction morale et civique », avant même la lecture et l’écriture. Les penseurs les plus éminents – notamment Durkheim – participeront à la définition et à la justification de la morale laïque. Un temps distancée, la France recouvrera en une génération sa position de premier plan en Europe aux côtés de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Autriche-Hongrie.

L’enseignement de la morale à l’école se prolongera jusqu’en 1968, année où elle sera supprimée des programmes. Son rétablissement précède-t-il, comme il y a un siècle, un prochain redressement économique ?
 

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