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  • Date: 22/07/2011

Monaco : une réussite keynésienne 

[Décryptages - Entreprises & Economie]

Au milieu du XIXème siècle, les finances de Monaco sont au plus bas.

En 1848, Menton et Roquebrune, qui lui étaient antérieurement rattachées, se sont en effet déclarées cités libres sous la protection du royaume de Sardaigne, laissant la principauté exsangue.

La prince Charles III de Monaco (1818-1889) décide alors de renflouer les caisses de l’Etat monégasque en lançant des jeux d’argent, activité interdite dans les villes voisines. Après une première tentative décevante, il fait appel à François Blanc (1806-1877), un homme d’affaires français qui a déjà relevé les finances de la principauté allemande de Hesse-Hombourg en y installant un casino et des hôtels.

Aux côtés de la famille princière des Grimaldi, François Blanc crée à cet effet en 1863 la Société des bains de mers (SBM). Le succès est immédiat : Monte-Carlo, avec son casino et bientôt l’Hôtel puis le Café de Paris, devient le lieu de prédilection de tous les joueurs fortunés européens.

Les bénéfices de la SBM sont vite considérables.

Désormais en mesure de financer l’ensemble des dépenses de la principauté par les seuls dividendes de la Société des bains de mer, Charles III supprime en 1869 les impôts personnels, fonciers et mobiliers.

Les Monégasques deviennent ipso facto plus riches. Ils réinvestissent leurs économies dans le commerce et l’immobilier. Les entreprises de négoce se multiplient. On construit activement : dans le dernier tiers du XIXème siècle le rocher prend, sur le plan architectural, l’allure qu’on lui connaît.

Alors que Keynes (1883-1946) n’était pas encore né, c’est une politique keynésienne avant l’heure – de relance par la demande – qui a donné à la principauté son nouvel élan et établi le modèle économique qui est encore le sien aujourd’hui.
 

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