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  • Date: 23/10/2013

Les migrations environnementales : un futur enjeu du droit international ? 

[Décryptages - Développement durable]
On estime à quelque 40 millions le nombre de personnes qui sont obligées de se déplacer chaque année sur la planète du fait de catastrophes naturelles. La plupart retournent chez elles après quelques mois. Il y aurait cependant au total en permanence autour de 50 millions de « réfugiés environnementaux » dans le monde.

Jusqu’à la fin du siècle dernier, les migrations environnementales demeuraient habituellement à l’intérieur des frontières des pays concernés. Mais avec la sécheresse qui sévit dans la Corne de l’Afrique, les déplacements transfrontaliers se multiplient.

Selon les Nations Unies, le nombre de réfugiés environnementaux pourrait quadrupler d’ici 2050 par suite du réchauffement climatique. Des zones littorales et des territoires insulaires, actuellement épargnés par les catastrophes naturelles, pourraient se trouver menacés.

Parallèlement à cette évolution quantitative, les experts prévoient la multiplication des migrations environnementales transnationales. Encore limitées aujourd’hui, elles pourraient concerner des dizaines de millions de personnes. Avec la montée des eaux, des Etats de l’Océan indien et du Pacifique risquent même de disparaître de la carte.

On compte actuellement dans le monde environ 14 millions de réfugiés politiques à l’étranger et 25 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leurs pays à cause de violences et guerres civiles.

Les réfugiés environnementaux transnationaux pourraient ainsi devenir prochainement plus nombreux que les réfugiés politiques. Mais alors que ces derniers bénéficient des dispositions protectrices de la Convention de Genève de 1951, les personnes déplacées par suite de catastrophes naturelles ne disposent d’aucun statut particulier.

En 2010, la conférence sur le climat de Cancun a encouragé la communauté internationale à se pencher sur les aspects juridiques des migrations environnementales. La question est complexe, tant il est parfois difficile de distinguer les causes économiques, politiques et écologiques à l’origine d’un déplacement de population. S’il se confirme, l’accroissement des mouvements transfrontaliers consécutifs au réchauffement planétaire pourrait constituer, pour le droit international, l’un des sujets majeurs de débat au cours des décennies à venir.
 

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