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  • Date: 22/07/2011

Mécène : un exemple toujours vivant 

[Décryptages - Développement durable]

Mécène en français, Mäzen en allemand, mecenas en espagnol, mecenate en italien, maikénas en grec, mesenaatti en finnois...

A l'exception de l'anglais, qui lui préfère sponsor, la plupart des langues européennes utilisent le même terme pour évoquer le parrainage culturel.

Inspiré de Gaius Cilnius Maecenas (70 av. J.-C., 8 av. J.-C.), riche ami et conseiller de l’empereur Auguste, le mot italien mecenate est associé dès la Renaissance à Laurent de Médicis (1449-1492), le grand protecteur florentin des arts et des lettres. On le rencontre par la suite en français – mécène – sous la plume de Clément Marot (1496-1544). Mais il faut attendre le XIXème siècle pour qu’il prenne son envol et le Second Empire pour qu’apparaisse à son tour mécénat.

Maecenas ne se contente pas d’être le bienfaiteur financier des artistes. Il joue également un rôle de médiateur et de protecteur. C’est par son intermédiaire qu’Auguste, d’abord réfractaire à la poésie, se met à l’apprécier. Et c’est aussi grâce à Maecenas que Virgile ou Horace peuvent se risquer à la critique sans être inquiétés.

On retrouve aujourd’hui ce même modèle dans l’organisation de la vie culturelle aux Etats-Unis. Les grandes fondations américaines assurent entre les créateurs et les pouvoirs publics une fonction équivalente à celle de Maecenas dans les premiers temps de l’empire romain.

En Europe, l’intervention de l’Etat dans le financement de la culture est traditionnellement plus forte. Mais la pratique du parrainage artistique, longtemps limitée à quelques grands collectionneurs, se développe dans les entreprises au fur et à mesure que se contractent les budgets publics.

Deux millénaires après Rome, et au prix d’un détour par le Nouveau Monde, Mécène est de retour sur le Vieux Continent : là où sont ses racines.