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  • Date: 16/04/2014

Light footprint strategy : quand les militaires inspirent les managers 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
"L’Art de la guerre et la stratégie de conquête, L’Art de la guerre au service du management, L’Art de la guerre et l’art de diriger, L’Art de la guerre au secours de l’entreprise 2.0,…" Plus de 2 500 ans après que Sun Tzu a écrit L’Art de la guerre, les livres managériaux s’en réclamant sont légion. Qu’il s’agisse de stratégie ou de tactique, la gestion d’entreprise trouve dans la pensée du général chinois une source permanente d’inspiration.

Selon les époques, ce sont les militaires qui donnent l’exemple aux managers, ou les pratiques entrepreneuriales qui servent de modèles aux armées. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la recherche opérationnelle inventée dans l’US Army est déployée dans l’industrie. Mais l’élève finit par dépasser le maître : en 1961, c’est un homme d’entreprise, le PDG de Ford, symbole de l’excellence managériale, qui est appelé par le président Kennedy au gouvernement pour donner un nouveau souffle à l’armée américaine.

Aujourd’hui, les officiers influencent à nouveau les managers. Outre-Atlantique, un acronyme – VUCA – résume l’analyse que font les militaires du monde contemporain : Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity. Face à ces quatre menaces, les stratèges américains développent les approches dites de Light Footprint (empreinte légère).

La Light Footprint Strategy s’appuie sur l’utilisation de commandos, de drones et de cyberattaques. Elle s’oppose aux démarches antérieures reposant sur des moyens lourds (bombardiers, chars d’assaut).

Transposée dans le monde des entreprises, la Light Footprint Strategy prend la forme d’un recours à des équipes de taille limitée, dotées d’un personnel très expérimenté, et fortement autonomes à la fois sur le plan opérationnel et au niveau décisionnel. Certains des plus grands noms de l’Internet mettent en œuvre, à leur façon, les principes du Light Footprint.

Les groupes orientés Light footprint peuvent gérer des chiffres d’affaires importants avec des effectifs réduits. Dans l’industrie, leurs processus de fabrication sont automatisés grâce au recours systématiques à des robots. Dans le commerce et les services, ils s’appuient sur des réseaux de partenaires.

Si elle se confirme, la substitution du modèle Light Footprint à l’organisation matricielle risque-t-elle de contracter l’emploi ? Les pessimistes s’inquiètent de la diminution du nombre de salariés dans les organisations qui adoptent "l’empreinte légère". Les optimistes constatent que les entreprises Light Footprint catalysent des écosystèmes foisonnants où les emplois tertiaires abondent.

Avec la stratégie Light Footprint, la puissance d’une armée ne se mesure plus au nombre de ses divisions. Celle d’une entreprise pourrait bien, à l’avenir, dépendre de moins en moins du nombre de ses collaborateurs.
 

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