France

Détails

  • Service: Corporate
  • Type: Newsletter
  • Date: 30/08/2013

Les soldes : une invention française 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
A Londres, le premier jour des soldes est le lendemain de Noël. On l’appelle le Boxing Day, non parce qu’on s’y bouscule, mais parce que les vendeurs y ouvrent leurs boîtes (boxes). A New York, les soldes débutent le vendredi qui suit Thanksgiving. Ce vendredi est connu sous le nom de Black Friday, tant la cohue est forte.

A Paris, le commencement des soldes ne porte pas de nom particulier. On parle simplement de début ou d’ouverture des soldes. C’est pourtant dans la capitale française que la pratique de vente à prix soldé a vu le jour.

On doit son invention à Simon Mannoury, un commerçant passé de Normandie à Paris au début de la Monarchie de Juillet. Mannoury ouvre une boutique d’étoffes et de confection au coin de la rue du Bac et de la rue de l’Université. On est à deux pas de l’église Saint-Thomas-d’Aquin : Mannoury baptise sa boutique Au Petit Saint-Thomas.

L’économie est prospère dans les premiers temps du règne de Louis-Philippe, les affaires du Petit Saint-Thomas aussi. Mannoury innove sur le plan commercial. Il propose aux enfants de ses clientes une promenade en âne. Bientôt, l’âne du Petit Saint-Thomas devient célèbre dans Paris. Pour les enfants, Mannoury élargit son offre : il présente désormais des livres et des jouets à la période des étrennes.

Le commerçant normand est surtout le premier à Paris à annoncer publiquement ses prix. Pour pouvoir renouveler régulièrement ses collections, il décide de déstocker chaque année en janvier à prix remisé. Et comme ses prix sont affichés, il fait ressortir l’ancien et le nouveau tarifs : le principe des soldes est né.

En 1834, Mannoury recrute pour diriger le rayon des châles un jeune homme doué de 24 ans qui tombe vite amoureux de la crémière voisine chez qui il prend ses repas. Lorsqu’en 1848 le Petit Saint-Thomas, emporté par la crise économique qui frappe la France depuis 1845, doit fermer ses portes, le jeune homme est embauché par une mercerie située toujours rue du Bac, mais au croisement cette fois de la rue de Sèvres. Avec celle qui est entretemps devenue sa femme, il en fait l’acquisition en 1852.

Appliquant les méthodes observées au Petit Saint-Thomas, les deux époux développent dans leur boutique une politique de soldes plus audacieuse encore et qui fera leur réputation. Le nom de la mercerie est Au Bon Marché. Aristide et Marguerite Boucicaut en feront le premier grand magasin parisien.
 

Boutons de partage

Share this