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  • Date: 20/01/2014

Les black holes : un nouveau privilège ? 

[Décryptages - Générations]
Qu’y a-t-il de commun entre la Post Ranch Inn, une luxueuse résidence hôtelière de la côte californienne entre San Francisco et Los Angeles, l’Old Kilmory Church, un bed and breakfeast perdu dans les Highlands en Ecosse, les écoles Montessori de la Silicon Valley et le collège du Moulin-des-Prés, dans le XIIIe arrondissement de Paris ?

Ce sont des black holes, des trous noirs déconnectés d’Internet.

Au cours des Trente Glorieuses, certaines familles ont fait le choix de ne pas s’équiper de postes de télévision pour échapper à l’emprise du petit écran. Une génération plus tard, d’autres s’efforcent aujourd’hui de se libérer de l’omniprésence d’Internet en s’installant dans des black holes.

Décider de ne consulter sa messagerie qu’à heures fixes, s’engager à ne prendre connaissance de l’actualité qu’une fois par jour, sont des approches généralement inefficaces chez les drogués du web. Une seule solution fonctionne vraiment pour s’affranchir de cette addiction : être dans l’impossibilité matérielle de se connecter.

Les black holes ont un prix, mais il y en a pour tous les budgets !

A la Post Ranch Inn, où il faut compter 2000 $ par nuit, les golden boys sont priés de laisser à l’accueil téléphones et ordinateurs. Sauf cas de force majeure, le personnel a interdiction de les leur restituer avant leur départ. L’Old Kilmory Church, au tarif cent fois plus faible, accueille plutôt des geeks fauchés. Ici, la confiscation des smartphones est inutile. Le black hole est naturel : les ondes ne parviennent pas jusqu’à ce bout du monde.

Dans la Silicon Valley, la tendance est à mettre ses enfants à l’abri des excès du web, notamment au cours de leurs premières années. Pour quelque 20 000 $ par an, les écoles Montessori permettent aux entrepreneurs de la nouvelle économie de placer leur progéniture dans des black holes scolaires dépourvus de liaison Internet. Mais ce privilège n’est pas réservé aux familles les plus aisées : à Paris, le collège du Moulin-des-Prés, un établissement de l’enseignement public, organise gratuitement, une fois par semaine, une journée sans Internet.

Les hôtels et les écoles ont fait de leur localisation en zone à haut débit et de leur équipement wifi un argument de vente. Si le goût pour les black holes se confirme, faut-il s’attendre à voir figurer demain dans les guides hôteliers et scolaires la mention : Garanti 100% déconnecté ?
 

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