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  • Date: 14/11/2013

Le gaz de schiste : un effet-papillon ? 

[Décryptages - Développement durable]
Des forages effectués en Louisiane ou dans le Dakota du Nord accroissent l’émission de CO2 dans les Midlands et dans la Ruhr. C’est une conséquence insolite de l’exploitation intensive du gaz et du pétrole de schiste aux Etats-Unis.

Grâce à la montée en puissance de leurs ressources énergétiques bitumineuses, les Américains ont entrepris de fermer leurs centrales électriques à charbon. L’extraction de la houille n’a pas pour autant cessé. Avec un milliard de tonnes par an, les Etats-Unis demeurent le deuxième producteur mondial de charbon, derrière la Chine (3 milliards de tonnes), et devant l’Inde (600 millions de tonnes).

Mais alors que la quasi-totalité de leur production allait antérieurement à la consommation intérieure, les Etats-Unis sont devenus exportateurs de charbon à partir des années 2000. Avec quelque 100 millions de tonnes vendues à l’étranger, ils figurent désormais parmi les grands exportateurs mondiaux de houille.

Conjuguée avec une baisse temporaire de la demande mondiale du fait de la crise économique, l’arrivée du charbon d’outre-Atlantique sur le marché international a provoqué une chute des cours de 30% en 2008-2009. Le charbon s’est soudain retrouvé très compétitif par rapport aux autres ressources pour la production d’électricité, d’autant que, dans le même temps, le prix des droits à émission de CO2 s’est effondré.

La Grande-Bretagne, en prévision du déclin de ses ressources pétrolières en mer du Nord, et l’Allemagne, dans la perspective de la fermeture de ses centrales nucléaires, ont amorcé le renforcement de leur production d’électricité thermique au charbon. Les deux pays figurent parmi les principaux acheteurs de la houille américaine.

Le retour du charbon outre-Manche et outre-Rhin est-il porteur d’un risque accru de pollution ? Les avis sont partagés sur ce point. Les centrales thermiques à charbon sont certes plus nocives pour l’environnement que les centrales hydrauliques ou l’électricité éolienne. Mais parallèlement à la relance de leurs centrales thermiques, les deux pays ont engagé une politique d’optimisation de leur consommation électrique et de recyclage du CO2. Les plus optimistes des observateurs estiment que ces efforts pourraient compenser le surplus de pollution provoqué par la sollicitation croissante du charbon.

En moins d’une décennie, comme par un « effet-papillon », la découverte de gaz de schiste aux Etats-Unis a bouleversé les politiques énergétiques sur le Vieux Continent. La géographie fait, dit-on, l’histoire. Les matières premières aussi ! .
 

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