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  • Date: 04/07/2012

Le PIB vert : nouvel indicateur de l’ONU 

[Décryptages - Entreprises & Economie]

Si un pays rétribuait 5 % de ses habitants à dégrader les routes, et 5 % à les réparer, il aurait – toutes choses égales par ailleurs – le même PIB qu'un pays où ces 10 % d'emplois seraient consacrés à améliorer l’éducation, la santé ou la culture.
Si un pays rétribuait 5 % de ses habitants à dégrader les routes, et 5 % à les réparer, il aurait – toutes choses égales par ailleurs – le même PIB qu'un pays où ces 10 % d'emplois seraient consacrés à améliorer l’éducation, la santé ou la culture.

Cet exemple caricatural souligne les limites du produit intérieur brut comme indicateur de développement économique. Somme des valeurs ajoutées de la chaîne de production, le PIB ne prend en compte ni les activités domestiques ou bénévoles, ni la dégradation des ressources naturelles.

Pour dépasser ces lacunes, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) calcule depuis 1990 un indice de développement humain (IDH). L’IDH intègre à la fois le niveau de vie tel que le mesure le PIB, mais aussi des évaluations des dépenses de santé et d’éducation. Les classements diffèrent selon qu’ils sont établis en fonction de l’IDH ou du PIB. Ainsi, la France apparaît au 14ème rang mondial pour le PIB par habitant, et à la 10ème place pour l’IDH.

On reproche cependant au PIB et à l’indice de développement humain de ne pas enregistrer la dégradation de l’environnement. Aussi, en juin 2012 à l’occasion de la conférence de Rio, l’ONU a-t-elle présenté un « PIB vert » qui agrège au PIB une évaluation de l’usage des biens naturels. Ce nouvel indicateur est l’Inclusive wealth index (IWI).

Parmi les vingt première puissances mondiales, seul le Japon – malgré Fukushima – a augmenté depuis 1990 son stock de ressources naturelles. Dans tous les autres pays, il a diminué.

Corrigé de la dépréciation des biens naturels, le PIB vert affiche dans la plupart des pays une croissance notablement inférieure à celle du PIB classique. En Chine, le taux de croissance moyen constaté sur la période 1990-2008 est ramené de 9,6% à 2,1%. Au Etats-Unis, il est divisé par trois. En Afrique du Sud, il devient négatif.

L’Inclusive wealth index modifie significativement la hiérarchie du PIB et de l’IDH : dans l’IWI, la France se place au troisième rang mondial, derrière le Japon et l’Allemagne !