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  • Date: 01/08/2013

Jeunes adultes : un risque de génération perdue ? 

[Décryptages - Générations]
Un jeune Européen de moins de 25 ans sur quatre ayant achevé ses études est actuellement sans emploi. Les situations ne sont certes pas semblables dans tous les pays. Si la France se situe dans la moyenne de l’UE, la proportion approche 60% en Grèce et en Espagne, alors qu’elle est inférieure à 10% en Allemagne.

L’Organisation internationale du travail (OIT) et l’OCDE estiment cependant la question suffisamment préoccupante pour évoquer le risque d’une « génération perdue ». La formule, abondamment reprise dans les médias, fait allusion à l’expression – lost generation – utilisée par Ernest Hemingway pour désigner ceux qui avaient, comme lui-même, de vingt à vingt-cinq ans en 1920.

Au lendemain de la Grande Guerre, les Etats-Unis, et l’Europe à leur suite, connaissent en 1920-1921 une crise financière brève mais violente. Sortis désenchantés des tranchées, les jeunes de 1920 voient se fermer les carrières que leurs diplômes leur permettaient d’espérer. Certains trouvent refuge dans l’art et la littérature, d’autres dans la révolte. Ce que la société leur propose diffère tant de leurs attentes qu’ils préfèrent adopter un mode de vie marginal. Leur génération est « perdue » dans le sens où elle s’inscrit en rupture par rapport à celles qui la précèdent ou la suivent.
A-t-on affaire, avec les jeunes adultes de 2013, à une nouvelle génération perdue ? Face à la précarité de l’emploi, de profonds changements de comportement semblent se dessiner. Tout se passe comme si les choix que l’on faisait antérieurement entre 25 et 30 ans, sur les plans familial, professionnel et patrimonial, étaient différés.

S’agit-il d’un simple décalage dans le temps ou d’une remise en cause plus durable des modes de vie ? Il est trop tôt pour le dire, mais le risque existe de voir ceux qui réduisent aujourd’hui leur consommation par nécessité, conserver ce réflexe lorsque la croissance reviendra.

Voilà la différence entre la « génération perdue » de 1920 et celle d’aujourd’hui : d’un côté, une fraction limitée de la jeunesse, en marge de la société pendant quelques années seulement ; de l’autre, un quart des Européens de moins de 25 ans menacés d’exclusion de la vie économique traditionnelle.

A défaut d’être pleinement pertinente sur le plan historique, la formule « génération perdue » utilisée par l’OIT et l’OCDE a le mérite de souligner cet enjeu. Le message semble passer : le Conseil européen des 27 et 28 juin 2013 a fait de l’emploi des jeunes l’un des objectifs prioritaires de l’Union européenne à l’horizon 2014-2016.
 

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