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  • Date: 18/09/2012

Jeux Olympiques : le modèle catalan 

[Décryptages - International]

Le coût total des Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 s’est élevé à 4,5 milliards d’euros, dont un tiers consacré aux infrastructures et deux tiers affectés aux dépenses de fonctionnement, les fonds publics intervenant pour 56% et les capitaux privés à hauteur de 44%.
Le budget initial des JO d’Athènes en 2004 prévoyait des engagements de 4,5 milliards d’euros, un montant identique à celui des Jeux de Barcelone. Il finit par atteindre le double, soit 9 milliards d’euros, dont deux tiers consacrés aux équipements et un tiers au fonctionnement, les fonds publics assurant 70% du financement, les ressources commerciales le solde de 30%. Le budget des Jeux Olympiques de Londres en 2012, d’abord établi à 5 milliards d’euros, atteint 11,5 milliards d’euros, dont 80% engagés dans les infrastructures et 20% dans les frais de fonctionnement. L’Etat britannique et la ville de Londres assurent 80% du financement, une loterie et des fonds privés le solde.

Des Jeux Olympiques d’Athènes, il ne reste qu’un aéroport, un boulevard périphérique, une ligne de métro et une autre de tramway, un stade utilisé occasionnellement. Le déficit budgétaire de la Grèce, antérieurement limité à 3,7% du PIB est passé à 7,5% l’année des JO, plaçant les finances nationales grecques sur une pente fatale.

Au lendemain de ses Jeux Olympiques, Barcelone s’est à l’inverse engagée dans une décennie et demie d’expansion, passant du statut d’agglomération provinciale espagnole à celui de capitale régionale européenne.

Ce qui distingue les deux villes, c’est le projet urbanistique. Dans le cas d’Athènes, l’utilisation des installations au lendemain des Jeux, leur insertion dans la vie de la cité, leur impact sociétal, ont été négligés. A Barcelone, au contraire, les JO ont constitué la première étape d’une métamorphose planifiée de la métropole catalane.

Par leur montant, leur structure et leur dépassement budgétaires, les Jeux Olympiques britanniques s’apparentent à ceux d’Athènes. Mais la leçon de l’échec grec a été retenue. Le slogan des JO de Londres – Get ahead of the Games – en témoigne : les organisateurs se sont projetés d’emblée au-delà de l’événement. Près de 10% du budget sont en réserve pour la reconversion des installations à l’issue des Jeux. On espère que le quartier déshérité de Newham, à l’Est de la capitale, sur lequel a été construit le village olympique, connaîtra un rebond.

A Londres, c’est Barcelone qui fait école.