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  • Date: 11/07/2013

Irlande, Portugal, Grèce : le retour de l’émigration 

[Décryptages - International]
Au cours de l’année 2011, quelque 86 000 Irlandais, 120 000 Portugais et 125 000 Grecs ont émigré. Ce flux migratoire représente 1,9% de la population irlandaise et 1,1% des populations portugaise et grecque. Dans ces trois pays, l’émigration en 2011 est en croissance de 25% par rapport à 2010. Selon les premières statistiques, le mouvement paraît s’être accéléré en 2012. Par comparaison, le taux d’émigration moyen dans les autres pays de l’Union européenne est d’environ 0,3% par an.

Mais comment se situe, quantitativement, l’émigration que connaissent actuellement l’Irlande, le Portugal et la Grèce, par rapport aux grands flux de départs que ces trois pays ont tous connus en d’autres périodes de difficultés économiques ?

En Irlande, deux millions d’habitants émigrent, principalement aux Etats-Unis, au cours du XIXe siècle, dont 1,2 million entre 1848 et 1856, une période où les départs moyens sont de 150 000 par an. De 1900 à 1960, quelque 20 000 Irlandais quittent leur pays chaque année. Les flux augmentent notablement dans les années quatre-vingt jusqu’à dépasser 50 000 personnes par an, avant de redescendre autour de 25 000.

De 1960 à 1980, environ 100 000 Portugais quittent en moyenne leur pays chaque année, notamment en direction de la France. En vingt ans, près du quart de la population de l’époque s’est ainsi expatriée.

En Grèce, une vingtaine de milliers de personnes émigrent en moyenne chaque année de 1900 à 1960. Au cours de la décennie suivante, le nombre annuel d’émigrants se situe autour de 50 000, avec des pointes à 100 000. Leur destination évolue : alors que les Etats-Unis sont le premier pays d’accueil des émigrés grecs au cours de la première moitié du XXe siècle, c’est l’Allemagne qui prend le relais dans les années soixante.

Dans chacun des trois pays – Irlande, Portugal, Grèce – le nombre annuel d’émigrés est actuellement proche des niveaux les plus élevés de leur histoire. Si cette tendance devait se prolonger, leur équilibre démographique pourrait se trouver perturbé, comme il l’a été lors des précédentes grandes vagues migratoires.

Avec, cette fois, de surcroît le handicap de la fuite des cerveaux : contrairement à ceux des siècles précédents, les émigrés irlandais, portugais et grecs du XXIe siècle sont généralement diplômés et qualifiés !

 

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