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  • Date: 15/10/2010

Internet : quels effets sur la mémoire ? 

[Décryptages - Générations]

Une équipe de neuropsychiatres de l’université de Californie à Los Angeles a réuni deux groupes de personnes, le premier composé d’internautes aguerris, le second d’utilisateurs peu familiers d’Internet.

A chacun, il a ensuite été proposé d’effectuer des recherches sur Google.

Par des techniques d’imagerie médicale, les chercheurs ont alors observé que l’activité cérébrale était beaucoup plus développée chez les internautes réguliers que parmi les novices du deuxième groupe, notamment dans cette zone dédiée à la décision qu’est le cortex préfrontal.

Après cette première expérience, il a été demandé aux utilisateurs du second groupe de surfer quotidiennement une heure sur Internet pendant une semaine. Sept jours plus tard, leur activité cérébrale présentait la même physionomie que celle des internautes du premier groupe.

L’équipe californienne conclut que l’usage intensif de l’hypertexte et des moteurs de recherche modifie l’affectation de nos ressources neuronales, au profit de la mémoire courte, et au détriment de la mémoire longue.

Les zones du cerveau affectées à la mémoire courte se trouvent être par ailleurs consacrées à l’action, alors que celles qui supportent la mémoire longue assurent le raisonnement complexe. Aussi les psychiatres californiens se demandent si l’usage permanent d’Internet est de nature à affecter nos capacités neuronales de réflexion.

Les recherches sur cette question n’en sont qu’à leurs débuts. On a cependant déjà constaté que le web a modifié notre façon de lire. Les textes vus sur écran sont en effet surtout mémorisés dans la mémoire courte : on s’en souvient moins que des textes lus sur papier qui sont enregistrés en mémoire longue.

Mais plus encore, on remarque que les utilisateurs fréquents d’Internet retiennent les textes imprimés moins bien que les personnes qui ne naviguent qu’occasionnellement sur la toile. Tout se passe comme si le cerveau, sachant qu’il pourra retrouver l’information sur Google, ne faisait pas l’effort de la retenir.


A long terme, notre capacité à mobiliser notre mémoire durable et à développer individuellement des idées complexes pourrait se trouver diminuée.