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  • Date: 14/11/2013

Inde : le premier pays végétarien devient le premier exportateur de viande bovine 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
Les Etats-Unis et le Brésil produisent respectivement quatre et trois fois plus de viande bovine que l’Inde. Pour la première fois en 2012, celle-ci les a cependant dépassés dans le classement mondial des exportateurs de viande de bœuf.

Cette performance paradoxale est la résultante de deux phénomènes.

Le premier va de soi : si les Indiens produisent du bœuf, moins de 15% en mangent. Contrairement à ce que l’on observe en Chine, l’accroissement du niveau de vie en Inde n’a qu’un faible impact sur le volume de viande de bœuf consommé dans le sous-continent. En conséquence, l’augmentation de la production de viande bovine dans laquelle s’est engagée l’Inde bénéfice principalement à l’exportation. Les ventes à l’étranger de viande de bœuf ou de veau d’origine indienne se sont accrues de 20% par an en moyenne au cours des cinq dernières années.

La seconde raison qui explique le classement de l’Inde au premier rang des exportateurs de viande bovine est conjoncturelle. A la suite de l’épidémie de fièvre aphteuse de 2008, le Brésil, qui exportait antérieurement quelque 2,2 millions de tonnes par an, a été contraint de ramener ses exportations à 1,4 million de tonnes en 2012, un niveau inférieur à celui de 1,6 million de tonnes affiché par l’Inde.

L’abattage n’est en principe autorisé en Inde que pour les taureaux et les génisses improductives. Mais la plupart des abattoirs ne respectent pas cette prescription. Ils se tournent de plus en plus vers l’abattage rituel. Le Bangladesh, l’Indonésie et le Moyen-Orient figurent parmi les principaux débouchés des exportations indiennes.

C’est sur le marché halal que devrait se jouer dans les années à venir la bataille pour la place de premier exportateur mondial de viande bovine. Freinés en Europe et aux Etats-Unis par des contraintes sanitaires, les producteurs brésiliens s’attaquent désormais à la même clientèle que leurs concurrents indiens.

Dans la lutte qui s’annonce, l’Inde a l’avantage d’une main d’œuvre peu coûteuse. Le Brésil bénéficie d’une pratique de l’élevage plus intensive. Selon les observateurs, l’issue de la compétition entre les industries indienne et brésilienne de la viande de bœuf est encore incertaine.
 

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