France

Détails

  • Service: Corporate
  • Type: Newsletter
  • Date: 16/04/2014

Inde : pour protéger les nappes phréatiques, couper l’électricité ? 

[Décryptages - Développement durable]
L’irrigation agricole naturelle est réalisée par l’eau de pluie. En l’absence de précipitations suffisantes, on peut avoir recours à l’eau de lacs ou de rivières et au pompage des nappes phréatiques. Dans un cas, les ressources sont rapidement renouvelables. Dans l’autre, elles le sont lentement, et parfois jamais.

Pour exploiter l’eau des nappes phréatiques, il faut disposer de pompes. Celles-ci peuvent fonctionner à l’essence ou à l’électricité.

En Inde, pour faciliter l’usage des pompes dans les campagnes, le gouvernement subventionne massivement la consommation d’électricité par l’agriculture, au point que celle-ci est gratuite dans certaines régions. Grâce à cette facilité, les agriculteurs suffisamment fortunés pour faire l’acquisition de pompes peuvent se livrer à une irrigation sous-terraine extensive.

Au cours des quarante dernières années, l’irrigation sous-terraine a permis à l’Inde de devenir autonome sur le plan alimentaire. Mais, dans le même temps, cette politique a gravement compromis le renouvellement des nappes phréatiques. La Banque mondiale prévoit qu’au rythme actuel de l’irrigation souterraine, 60% des ressources phréatiques indiennes actuelles risquent de faire défaut dans vingt ans.

L’agriculture indienne mobilise 20% de l’électricité produite chaque année dans le pays. Très concentrée sur le riz, elle consomme 85% de l’eau disponible.

Les pouvoirs publics ont essayé, sans grand succès, de réorienter la production agricole vers le maïs, moins exigeant en eau que le riz. Cette recommandation est restée peu suivie jusqu’à présent. Au point que d’aucuns se demandent si la solution ne passe pas par la fin de l’électricité gratuite !
 

Boutons de partage

Share this