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  • Service: Corporate
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  • Date: 07/03/2014

Holacratie : modèle managérial de l’entreprise 2.0 ? 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
Les entreprises pionnières de l’e-business ne se contentent pas d’innover sur le plan technologique et commercial. Elles inventent aussi des formes d’organisation novatrices. Dans la Silicon Valley, certaines sont ainsi en train de tester l’holacratie, un modèle fondé sur l’absence de hiérarchie.

Le mot grec holos, qui signifie « le tout », n’est pas nouveau dans le vocabulaire managérial. On connaît l’entreprise holomorphe, dans laquelle chacun a une connaissance suffisante de l’ensemble des activités pour pouvoir les comprendre et les défendre. L’holacratie va plus loin : dans ce dispositif, c’est le pouvoir (kratos) qui est réparti entre tous.

L’holacratie ne relève cependant pas de l’autogestion, et l’absence de hiérarchie traditionnelle entre les salariés ne signifie pas que les décisions sont toujours collectives. L’holacratie s’appuie à la fois sur le principe de subsidiarité et sur les règles du processus qualité.

Du principe de subsidiarité, est retenue l’idée que les décisions doivent être prises par les instances les plus appropriées : une personne seule, un groupe projet, un référent extérieur…

Quant au processus qualité, on le retrouve dans la méthode utilisée par l’holacratie pour désigner les instances de décision. Tout est codifié : selon la nature de l’enjeu, le processus prévoit à l’avance la ou les personnes chargées des choix ultimes.

L’originalité de l’holacratie vient de ce que les instances de décision ne sont pas organisées selon une hiérarchie traditionnelle, mais dépendent des questions à traiter. L’entreprise holacratique ignore le commandement hiérarchique. Elle est réputée ne pas connaître les rivalités de pouvoir. Elle applique une procédure censée avoir prévu tous les cas de figure susceptibles d’être rencontrés.

Le modèle holacratique pourrait sembler ne relever que de l’utopie si certaines start-up californiennes n’avaient pas entrepris de le tester. D’aucuns ne manquent pas de faire remarquer qu’à force de vouloir tout prévoir, on risque le totalitarisme, et que sans liberté de manœuvre on perd le goût de l’innovation, voire l’efficacité. Les partisans de l’holacratie répondent que la procédure prévoit à cet effet des espaces de liberté.

A suivre.
 

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