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  • Date: 11/01/2013

Hipsters : le début de la fin ? 

[Décryptages - Générations]
Situé au sud-est de Berlin, le quartier de Neukölln est à la fois l’un des plus étendus et l’un des plus pauvres de la capitale allemande. Près de 30% de ses quelque 300 000 résidents sont immigrés. On estime à 10 000 le nombre de séjours illégaux. Environ 100 000 personnes dépendent de l’aide sociale.

Des affiches, des pancartes dans les vitrines des commerces, réclament depuis peu le départ de certains habitants étrangers de Neukölln. Les étrangers dont il s’agit ne sont ni les Turcs, ni les Serbes ou les Bosniaques, pourtant nombreux dans le quartier : ce sont les hipsters qui sont visés.
Héritiers de la Beat Generation et des Hippies, les Hipsters sont des jeunes de 20 à 30 ans partageant un goût commun pour le style rétro, la contre-culture, la consommation bio, la provocation vestimentaire et, paradoxalement et non sans snobisme, le culte des marques. On les reconnaît notamment aux chemises à carreaux – façon Kerouac – qu’ils ont l’habitude de porter.

A New York, les Hipsters ont jeté leur dévolu sur Williamsburg, un quartier situé à l’ouest de Brooklyn. A Londres, on les rencontre au nord-est, du côté de Hackney. A Berlin, ils ont investi Neukölln. C’est le faible coût immobilier qui attire les Hipsters, avec, chaque fois, en conséquence la gentrification de l’espace public et la hausse du prix du mètre carré.

Au lieu de se réjouir de cette valorisation, les habitants historiques des quartiers investis par les Hipsters ont désormais tendance à rejeter ces habitants dont la présence est vécue comme une agression. A New York et à Londres, l’hostilité s’exprime par des railleries sur les blogs et dans la presse. A Berlin, elle s’affiche, avec plus de violence, sur les murs et dans les devantures.

Les Hipsters survivront-ils à ce phénomène de rejet ? L’affaire est suivie de près par les marques adossées à la mode rétro. La fin des Hipsters pourrait les fragiliser.
 

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