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  • Type: Newsletter
  • Date: 10/06/2014

Grèce : la gestion exemplaire de la flotte marchande 

[Décryptages - International]
Les armateurs grecs ont retrouvé en 2013 leur première place dans le monde, une position qu’ils occupaient depuis près d’un siècle mais qu’ils avaient abandonnée ces dernières années au profit du Japon. Cette performance est à mettre à l’actif de leur gestion prudente.

Contrairement à leurs confrères japonais, les armateurs grecs ont peu investi au début des années 2000. Ils ont alors perdu leur position de leader. Mais lorsque le transport maritime international s’est effondré en 2008 avec la crise des subprimes, ils se sont trouvés moins endettés et moins handicapés par leur excès de capacité que leurs concurrents.

Au redémarrage du marché du fret maritime en 2010-2011, les armateurs grecs ont pu reprendre leurs investissements plus facilement que leurs rivaux et reconquérir leur position de n°1. Aujourd’hui, la flotte marchande grecque affiche 164 millions de tonnage brut contre 160 millions pour le Japon. Elle représente 16% de la flotte mondiale et 40% de la flotte européenne. L’âge moyen de ses navires est inférieur à la moyenne internationale. La marine marchande grecque est également pionnière dans les vaisseaux de nouvelle génération de type Panamax (ainsi nommés car ils sont aux normes du nouveau canal de Panama en cours d’achèvement).

Le transport maritime représente 6% du PIB de la Grèce. Il constitue la deuxième source de devises du pays après le tourisme. Sa puissance remonte au contournement du blocus continental du début du XIXe siècle, dont la marine grecque, alors sous tutelle ottomane, s’était fait une spécialité. Très engagés dans l’insurrection hellénique des années 1820, la marine grecque bénéficie depuis l’indépendance d’un statut fiscal dérogatoire, proche de celui des paradis fiscaux.

En décembre 2013, le gouvernement grec a fait voter une taxe spéciale visant la flotte marchande pour une durée de trois ans. Les armateurs ont menacé de délocaliser leurs sièges sociaux. Mais la conjoncture favorable dont bénéficie le fret maritime leur fait espérer une année 2014 active, qui leur permettra d’assumer sans difficulté la contribution qui leur est demandée.

Alors qu’elle amorce son redressement, la Grèce affiche l’ambition de faire du Pirée un Singapour de la Méditerranée. L’avenir dira si le projet est réaliste. En attendant, les armateurs chinois investissent massivement dans le port d’Athènes. « Le succès a beaucoup d’amis », dit un proverbe grec !
 

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