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  • Date: 05/11/2010

Grande-Synthe : du martyre à l’écologie  

[Décryptages - Développement durable]

Elle vient d’être désignée, le 14 octobre 2010, « capitale française de la biodiversité » par le jury de NatureParif, l'agence régionale pour la nature et la biodiversité créée par le Conseil régional d'Ile-de-France. Et la commune représente la France à Nagoya au Japon, pour la Conférence de la Convention sur la Biodiversité.

Ces distinctions récompensent les efforts déployés par la collectivité pour que la ville, dévastée à l’issue des deux conflits mondiaux, renaisse et se réinvente.

Pendant la première guerre mondiale, Grande-Synthe est sur la ligne du front. En 1940, elle est au centre des opérations d’évacuation de Dunkerque. Régulièrement bombardée ensuite par les Alliés, elle est entièrement détruite par la Wehrmacht le 15 septembre 1944, les Synthois échappant de peu au sort tragique des habitants d’Oradour-sur-Glane. Quand Grande-Synthe est enfin libérée, avec la poche de Dunkerque en mai 1945, la ville n’est plus qu’un champ de ruines vidé de sa population.

Alors commence une nouvelle aventure. Dès 1950, Grande-Synthe retrouve ses 1 500 habitants. Mais en 1960 ils sont 2 500, puis 13 000 en 1968, et 26 000 en 1982. La ville voit en effet s’installer successivement en bord de mer une usine sidérurgique, une cimenterie et une raffinerie. Grande-Synthe devient une cité industrielle, où domine l’habitat social.

La municipalité prend alors conscience des risques que fait courir à la commune son urbanisation trop rapide. Dès les années 90, on entreprend de substituer des pavillons aux HLM, on multiplie les espaces verts et les équipements publics. Grande-Synthe affecte à la rénovation de son environnement urbain une partie des aides financières qui accompagnent la fermeture de certains de ses sites industriels.


Vingt ans après, Grande-Synthe, quoique fortement touchée par la crise économique et le chômage, a achevé sa mutation. La ville a reconquis son bord de mer. 95% des habitants résident à moins de 300 mètres d’un parc. 600 espèces végétales sont entretenues. On décompte 74 espèces d’oiseaux nicheurs et 103 variétés de champignons !

Parallèlement, les entreprises ont engagé dès 2002 la première démarche française d’envergure en matière d’écologie industrielle, avec l’objectif de recycler localement 90% de leurs déchets.