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  • Date: 17/10/2011

Génération Limbo : une nouvelle « lost generation » ? 

[Décryptages - Générations]

Hemingway, Fitzgerald, Steinbeck, Dos Passos… L’écrivaine Gertrude Stein a lancé la formule lost generation pour désigner ces grandes figures de la littérature américaine, nées autour de 1900, et sorties désorientées de la première guerre mondiale.

Le New York Times propose aujourd’hui d’appeler génération Limbo – la génération des limbes – les jeunes qui, du fait de la crise, quittent actuellement les universités américaines sans perspectives professionnelles gratifiantes et s’installent dans un entre-deux bohème.

A la différence de leurs aînés de la génération perdue, les Limbos ne trouvent cependant pas refuge dans l’alcool et la dépression. Beaucoup profitent des difficultés du marché de l’emploi pour organiser leur vie à leur façon.

D’un côté, une activité à temps partiel, souvent bien éloignée de leurs espérances d’étudiants, mais qui leur permet de rembourser leurs frais d’études et leur assure un revenu minimal. De l’autre, du temps disponible pour écrire, peindre, parfois voyager.

Les Limbos sont heureusement loin d’être majoritaires parmi les post-graduates, mais ils sont suffisamment nombreux pour que leur style fasse école.

Les exemples abondent de baby-boomers qui, après des carrières réussies mais stressantes, se félicitent de partir à la retraite pour pouvoir – enfin – faire ce qui leur plaît.

Nécessité faisant loi, les Limbos optent pour le calendrier inverse : ils démarrent leur vie d’adultes par ce qu’ils aiment. En attendant que des jours meilleurs leur permettent peut-être de revenir aux métiers pour lesquels ils ont été formés…