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  • Date: 05/11/2010

Facebook : quand le réseau social mesure la bonne humeur 

[Décryptages - Générations]

 

La mesure du bonheur n’est pas une idée neuve...

Dès 1972, le roi du Bhoutan, inspiré par les valeurs bouddhistes, décide de calculer dans son pays un indice de Bonheur National Brut tenant compte non seulement de la croissance économique, mais aussi de la promotion de la culture, la sauvegarde de l'environnement et la bonne gouvernance.


A la suite du Bhoutan, plusieurs organisations internationales prennent l’initiative de produire chaque année une évaluation des niveaux nationaux de bonheur. Ainsi, le Programme des Nations unies pour le développement publie depuis 1990 l’Indice de développement humain (IDH).

Tous ces indicateurs du bonheur sont des indices composites, mêlant niveau de vie, accès à l’enseignement, protection écologique, etc. Par nature, ils ne peuvent être publiés qu’au même rythme que les variables dont ils dépendent, c’est-à-dire en pratique sur une base annuelle.

Pour dépasser cette contrainte, Facebook propose aujourd’hui une estimation quotidienne en temps réel du bonheur, établie rétroactivement depuis 2007 à partir de la fréquence des mots utilisés sur son réseau.

Dans chacun des pays suivis, un panel de mots heureux (amour, amitié, agréable, plaisir, etc.) et de mots malheureux (tristesse, regret, etc.) fait l’objet d’un suivi statistique. Le Gross National Happiness Index de Facebook est proportionnel à l’écart des occurrences des mots heureux et malheureux.

On observe ainsi qu’aux Etats-Unis le bien-être augmente chaque week-end, et monte en flèche pour l’Independence Day, Halloween, Thanksgiving, Noël et le Jour de l’an. En revanche, l’élection de Barack Obama le 4 novembre 2008 n’a pas entraîné sur le réseau social un usage de mots heureux plus intense qu’un dimanche ensoleillé.

En Grande-Bretagne, la victoire des conservateurs aux élections législatives n’a pas d’impact notable sur l’indice Facebook du bonheur. Mais la défaite de l’Angleterre contre l’Allemagne, le 27 juin 2010 dans la Coupe du monde de football, provoque un accès de déprime.

A l’inverse, la fréquence des mots heureux sur Facebook en Espagne bondit le 11 juillet suivant : c’est le jour de la victoire de l’équipe espagnole à Johannesburg.

Loin de l’actualité économique et politique, le bonheur au quotidien résiderait-il d’abord dans les moments familiaux et les émotions collectives ?