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  • Date: 27/06/2013

Exploitation des sables côtiers : vers une prise en compte des risques ? 

[Décryptages - Développement durable]
Le sable entre pour quelque 80% dans la composition du béton. Plus on bâtit, plus on a donc besoin de sable. La construction d’un hôpital demande environ 30 000 tonnes de sable, celle d’une centrale nucléaire une douzaine de millions. L’île artificielle The Palm à Dubaï en a consommé 150 millions, soit quasiment la production annuelle française.

En Asie, la demande de sable est particulièrement forte. Les carrières terrestres n’y suffisant plus, les entreprises de travaux publics se sont approvisionnées sur les plages de Malaisie, d’Indonésie, du Cambodge et du Vietnam, puis se sont tournées, après les restrictions imposées par ces pays, vers les gisements côtiers des îles de l’océan indien. On dit que l’expansion de Singapour depuis un demi-siècle serait responsable de la disparition de plusieurs d’entre elles.

Devant le besoin toujours croissant, l’exploitation se déplace aujourd’hui en direction des rivages de l’Afrique et des Caraïbes, peu surveillés malgré les efforts de contrôle de certains gouvernements, tels le Bénin et le Sénégal.

L’exploitation à outrance des zones côtières présente des risques environnementaux multiples : érosion, perturbation de l’écosystème marin et de l’équilibre halieutique, exposition aux tsunamis. Au rythme actuel, 80% des côtes africaines seraient menacées.

Le sable est, après l’eau, la ressource naturelle la plus abondante. Mais alors que la protection des océans et des rivières fait l’objet d’échanges internationaux de longue date, celle des zones côtières est assez récente. Initiée au sommet de Rio en 1992, la gestion intégrée des zones côtières (GIZC) se limite encore à l’énoncé de bonnes pratiques.

La GIZC est toutefois désormais mise à l’ordre du jour des grandes rencontres internationales, au même titre que la lutte contre le réchauffement planétaire. Les observateurs s’attendent à ce qu’elle devienne prochainement l’un des sujets centraux des négociations environnementales.
 

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