France

Détails

  • Service: Corporate
  • Type: Newsletter
  • Date: 16/04/2014

Etudes médicales : le numerus clausus contourné 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
En 2010, quelque 5 500 médecins se sont inscrits en France pour la première fois au tableau de l’Ordre. Les diplômés des universités françaises représentaient 76% d’entre eux, les autres (24%) étant issus d’universités étrangères, dont le tiers de l’université roumaine de Cluj-Napoca.

En 2013, on dénombre environ 7 100 nouveaux inscrits au tableau de l’Ordre, dont toujours 76% ayant poursuivi leurs études dans l’Hexagone et 24% diplômés d’universités étrangères.

En 2010, sur les 7 000 candidats aux épreuves classantes nationales (ECN) – le concours qui a remplacé l’Internat – 23 avaient fait leurs études à l’université de Cluj-Napoca. On prévoit qu’ils seront près de 200 d’ici deux ans.

La place prise par Cluj-Napoca dans la formation des médecins français s’explique par l’évolution du numerus clausus, de la réglementation européenne et de la jurisprudence.

Depuis 1971, le nombre d’étudiants admis en deuxième année d’études de médecine dans les universités françaises est fixé par le gouvernement. Ce numerus clausus a varié selon les époques. Voisin de 8 500 dans les années 70, il tombe à 3 500 dans les années 90, avant de remonter à 5 000 dans les années 2000, et à environ 7 500 à partir de 2007.

Depuis la directive européenne du 7 septembre 2005, les diplômes de médecine européens permettent à leurs titulaires de s’installer partout en Europe. Un nombre croissant de jeunes Français ont donc choisi de contourner le numerus clausus en poursuivant leurs études médicales dans des établissements étrangers moins sélectifs que les universités françaises. La faculté de médecine de Cluj-Napoca (Roumanie) s’est ainsi spécialisée dans l’accueil d’étudiants français recalés au concours d’accès aux études de médecine. Maintenant diplômés, ces jeunes médecins commencent à s’installer en France.

De retour, certains souhaitent se spécialiser dans le système hospitalier français. Pour éviter qu’ils ne viennent en concurrence avec les étudiants ayant poursuivi leurs études en France et perturbent l’ordonnancement du numerus clausus, un décret du 10 août 2011 a interdit l’accès des ECN aux candidats ayant échoué au concours de première année de médecine. Mais un arrêt du Conseil d’Etat du 23 janvier 2013 a annulé cette disposition.

Les Français de Cluj-Napoca peuvent désormais se présenter aux épreuves classantes nationales. Sous l’effet conjugué du droit européen et de la jurisprudence administrative, le numerus clausus se fissure.
 

Boutons de partage

Share this