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  • Date: 16/05/2011

Electricité au Japon : le poids de l’Histoire 

[Décryptages - International]

Les perturbations dans la fourniture d’électricité provoquées par la catastrophe nucléaire de Fukushima ont été amplifiées par le fait que le réseau électrique japonais est dédoublé.

Au sud-ouest de l’archipel, le courant alternatif fonctionne à 60 Hz. Au nord-est, on délivre du 50 Hz.

Trois transformateurs permettent de faire communiquer les deux réseaux, mais de façon très limitée.

L’origine de ce phénomène handicapant remonte aux débuts de l’ère Meiji, la période de modernisation dans laquelle s’est engagé le Japon à partir de 1868.

Au début des années 1880, le gouvernement japonais envoie des missions d’étude dans les principaux pays développés, afin d’observer leurs modèles politiques et industriels. Des délégations se rendent plus spécialement en Allemagne et aux Etats-Unis.

La délégation qui visite les Etats-Unis signe un accord avec Westinghouse pour la production d’électricité à Kyoto. Celle qui se déplace en Allemagne passe un accord avec AEG pour l’éclairage de la région de Tokyo.

Westinghouse délivre alors un courant alternatif à 60 Hz, alors qu’AEG fournit du 50Hz.

Près d’un siècle et demi plus tard, les 60 Hz de Westinghouse sont devenus le standard de l’Amérique du nord, et les 50 Hz la norme européenne.

Au Japon, en revanche, les deux fréquences coexistent : 60 Hz autour de Kyoto, et 50 Hz au nord de Tokyo.

Par une ironie de l’Histoire, Toshiba a racheté Westinghouse en 2006.

Mais rien n’indique à ce stade que le Japon soit pour autant sur le point d’unifier les fréquences de ses réseaux électriques !
 

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