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  • Date: 01/02/2011

Du Club de Rome au GIEC : 40 années de controverse  

[Décryptages - Développement durable]

En avril 1968, alors que le monde occidental connaît une croissance régulière et forte depuis vingt ans, un groupe de dirigeants d’entreprises, universitaires et hauts fonctionnaires, se réunit à Rome à l’initiative de l’Italien Aurelio Peccei, administrateur de Fiat, et de l’Ecossais Alexander King, ancien directeur scientifique de l’OCDE.

Leur objectif est de réfléchir aux conséquences du développement économique sur les ressources naturelles. Ainsi naît le Club de Rome, le premier des think tanks à s’être penché sur ce qu’on n’appelait pas encore le développement durable.

En 1972, le Club de Rome publie Halte à la croissance? un rapport commandé au MIT sur les problématiques environnementales à l’horizon 2000. Passant en revue plusieurs scénarios, l’étude pronostique que la Planète se trouvera à cours de ressources énergétiques au début du troisième millénaire si elle ne ralentit pas son rythme de croissance.

Quelque quarante années plus tard, ce premier exercice de prospective écologique fait toujours débat.

Pour ses partisans, le Club de Rome, désormais installé à Winthertur, près de Zurich, est un précurseur, auquel revient le mérite d’avoir en pionnier soulevé les questions qui sont aujourd’hui encore au coeur des conférences internationales sur le climat.

Mais d’aucuns lui reprochent dans le même temps d’avoir lourdement surestimé la croissance démographique et sous-évalué le progrès technologique.

Pour ses détracteurs, le Club de Rome serait à l’origine d’une pensée unique écologique dont on retrouverait aujourd’hui la trace dans les prévisions jugées excessivement pessimistes du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Ainsi éco-responsables et climato-sceptiques invoquent chacun le Club de Rome : les premiers comme un modèle, les seconds comme l’exemple à ne pas suivre !