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  • Date: 07/03/2014

Doggy bag : une nouvelle habitude française ? 

[Décryptages - Générations]
Les guides touristiques à l’usage des Américains visitant la France sont en train de revoir leur copie : la pratique du doggy bag, courante aux Etats-Unis mais jusqu’à présent très inhabituelle dans l’Hexagone, est en train d’être adoptée par les restaurants français.

L’idée de proposer aux clients d’emporter chez eux dans un sac (bag) les restes de leurs repas pour les donner à leurs chiens (dogs) est apparue aux Etats-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La prospérité qui suit la fin du conflit attire alors vers les restaurants une clientèle qui ne les fréquentait pas auparavant et qui a conservé de la crise des années trente le réflexe de ne pas gaspiller la nourriture. Vite, les amateurs de doggy bags prennent l’habitude de réchauffer leur contenu pour leur propre usage. Les restaurateurs se mettent à les proposer systématiquement, dans des emballages variant en fonction du standing de leurs établissements, du sac en papier à la boîte élégante selon la qualité de la table.

L’usage du doggy bag s’impose vite au Canada. Mais il reste confiné à l’Amérique du Nord pendant un demi-siècle.

Pourquoi le doggy bag ne s’est-il pas répandu en Europe à l’époque des bons d’alimentation sur le Vieux continent ? Certains avancent le fait que les consommateurs européens, à l’époque plus respectueux de la cuisine que les Américains, auraient eu l’impression de dévaloriser le menu qu’ils avaient commandé.

Depuis une quinzaine d’années, le doggy bag entre cependant dans les mœurs de l’Europe. L’initiative revient d’un côté aux restaurants ethniques, de l’autre aux restaurants des grands hôtels, désireux de répondre à la demande de leur clientèle nord-américaine. La situation est paradoxale : c’est dans les restaurants bon marché chinois et indiens d’une part, et dans les palaces d’autre part, qu’on demande des doggy bags avec le moins de timidité.

Le mouvement pourrait être appelé à s’étendre à l’ensemble des restaurants, sous le double effet d’une évolution des habitudes de consommation et de nouvelles exigences réglementaires. Avec la montée en puissance des préoccupations sociétales, on risque moins de passer pour pingre quand on demande un doggy bag : on apparaît désormais éco-responsable. La tendance à réchauffer chez soi des plats préparés plutôt qu’à systématiquement cuisiner facilite par ailleurs l’acceptabilité du doggy bag. Parallèlement, les pouvoirs publics ont engagé des actions visant à réduire le gaspillage dans la restauration. En France, le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire de 2013 a fixé l’objectif de diminuer de moitié, à l’horizon 2025, les 900 000 tonnes de déchets alimentaires jetés à la poubelle chaque année par les restaurants. Une loi en préparation pourrait obliger les établissements d’une certaine taille à pratiquer le tri sélectif des restes alimentaires.
 

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