France

Détails

  • Service: Corporate
  • Type: Newsletter
  • Date: 20/04/2012

Dette publique : vers un retour des emprunts perpétuels ? 

[Décryptages - Entreprises & Economie]

Le chancelier de l’Echiquier a fait savoir que la Grande-Bretagne envisageait d’émettre des emprunts d’Etat à cent ans, voire des obligations perpétuelles. Cette éventualité a surpris, certains reprochant au gouvernement britannique de reporter sur plus de quatre générations un déficit public qui devrait être assumé dès à présent.

Aujourd’hui peu pratiquées par les Etats, les obligations à très long terme ne sont cependant pas absentes des cotations boursières.

Si l’on ne trouve plus de rente perpétuelle d’Etat à la bourse de Paris, des emprunts publics non remboursables émis à Londres pendant la première guerre mondiale s’échangent toujours à la City. Plusieurs entreprises, américaines tels IBM et Walt Disney, mais aussi françaises comme Casino ou le Crédit Agricole, ont par ailleurs émis ces dernières années des titres subordonnées à durée indéterminée (TSDI), qui ne sont rien d’autre que des variantes d’obligations perpétuelles privées.

Les emprunts publics à cent ans et les rentes perpétuelles n’engagent les Etats ad vitam aeternam qu’en apparence. Dans les faits, les obligations en circulation sont rachetées par les services du Trésor lorsque les conditions de marché s’y prêtent. Beaucoup y voient des instruments utiles en période de fort endettement.

Pratiqué depuis le XVIème siècle, l’emprunt perpétuel d’Etat a été abondamment utilisé en France et au Royaume-Uni au lendemain des guerres napoléoniennes. Par une gestion habile, les Trésors publics et les instituts d’émission des deux pays sont parvenus à établir une stabilité monétaire qui s’est prolongée jusqu’en 1914.

L’agence France Trésor, chargée de la gestion de la dette publique française, émet depuis 2005 des obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une durée pouvant atteindre cinquante ans.

En 1952, le célèbre emprunt Pinay était d’une durée théorique de soixante ans.

D’aucuns pronostiquent qu’avec la crise de la dette ce record inégalé depuis un demi-siècle pourrait être prochainement battu.